Mardi 17 juillet 2007

Tout est à recommencer

J'étais bien décidé à explorer plus avant le territoire autour de la maison. J'avais préparé des itinéraires, échafaudé des aventures qui feraient de moi un authentique découvreur de trésors, un aventurier comme on n'en a plus vu depuis le XVIIIe siècle. Mais dans la soirée, mes maîtres ont commencé à ranger toutes leurs affaires, ainsi que les miennes, dans les sacs de voyage. Le séjour était-il subitement écourté ? Je ne parvenais pas à l'envisager. Il était déjà tard : le soleil n'était plus qu'une pâle lueur lointaine derrière les arbres, il n'était pas heure à prendre le départ. Bien que les sacs aient été rapidement descendus à l'entrée de la maison, mes maîtres ne semblaient pas dans le même état de fébrilité qui accompagne leurs voyages, et ils ne tenaient pas à notre hôte le discours habituel des remerciements convenus. Au contraire, ce dernier préparait comme à l'habitude un repas aux odeurs fort alléchantes. Il y avait manifestement une anomalie dans ce tableau.
Le dîner eut lieu le plus normalement du monde, dans le jardinet que j'avais exploré plut tôt, à coup de légumes du pays et de grillades. Les papotages allaient bon train, et je soupçonnais que mes maîtres, sans doute sous l'action du soleil provençal ou à cause d'un bain de mer prolongé qui leur aurait retourné l'esprit, s'étaient simplement trouvé une soudaine passion pour le rangement. Une passion pathologique, car vous conviendrez que même en étant un fervent partisan du "chaque chose à sa place", il n'est pas usuel de déposer ce que l'on vient de ranger sur le pas de sa porte. L'énigme restait entière.
Quand le repas fut terminé, les reliefs débarrassés et le lave-vaisselle nourri, mes maîtres prirent leurs sacs, qui sur le dos, qui sous le bras, et commencèrent à s'éloigner à pied de la maison. Ils n'allèrent pas bien loin dans la nuit noire. Ils empruntèrent à quelques pas du jardinet un petit escalier qui descendait au milieu des buissons, et qui menait à une autre maison, juste un peu en contrebas. Je fus contraint de les suivre, ou plus exactement, je fus soulevé et transporté au milieu des sacs.

Je me retrouvai dans un endroit qui ne m'était pas inconnu. Quelques instants et une vague reconnaissance du terrain suffirent à rafraîchir ma mémoire : mes maîtres et moi-même étions déjà venus ici il y a quelques mois. J'étais encore un gamin à cette époque, mais cette très légère fragrance (que seul l'odorat très développé d'un chat pouvait déceler) sur le petit lit du salon faisant office de canapé ne pouvait mentir : j'avais déjà honoré ces lieux de ma présence. Ce souvenir en appela un autre, que j'avais tant bien que mal tenté de refouler tant le traumatisme fut grand, qui revint comme un flash. Je revivai en un instant plusieurs heures d'angoisse  vécues l'année passée. Je n'aime pas trop en parler, peut-être vous la conterai-je un jour, quand j'aurai suffisamment travaillé sur moi-même.

Les sacs de voyage furent à nouveau ouverts et les affaires savamment éparpillées.  Quant à moi, il fallait que je reprenne possession des  intérieurs et des extérieurs. Pour l'heure, mes maîtres se préparaient à dormir. Je décidai d'en faire autant.


lire aussi :

chapitre 1 :  Préparatifs
chapitre 2 :  Le voyage
chapitre 3 :  Accoutumance
chapitre 4 :  Sortir
chapitre 5 :  Tout est à recommencer
chapitre 6 :  La niche du chat
chapitre 7 :  Ma fenêtre préférée
chapitre 8 :  Le blues du voyageur
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Lundi 16 juillet 2007

Sortir



Tiger-Feud-Artifice.pngAu soir de la fête nationale, mes maîtres ont fait comme tous bons touristes qui se respectent, et aussi comme tous français dignes de ce nom, enfin bref, en un mot comme en cent, inutile de tourner autour du pot, trèves de digressions, bon ils sont allés voir le feu d'artifice ça y est je l'ai dit. Je vous rassure, ils n'en sont pas (encore ?) à regarder le défilé à la télévision, mais je reste vigilant ! Il ne manquerait plus qu'il tombent à leur tour dans cette nauséabonde atmosphère néo-gaullienne de bazar qui fait führer actuellement.
De mon côté, j'ai pris conscience que je passerais sûrement à côté de quelque chose en restant allongé dix jours allongé sous un lit, aussi confortable que puisse être la moquette. J'ai donc décidé de prendre mon courage à quatre pattes et de m'aventurer plus loin que la deuxième marche qui descend au rez-de-chaussée. Après avoir vérifié que la voie était libre, je suis prudemment descendu dans la salon de la maison. Tiger-ceyresteFenetreInt.pngAprès en avoir soigneusement inspecté les coins et les recoins, les dessous de meubles, du canapé, l'arrière de l'écran de télévision et reniflé attentivement la niche où sont entreposées les bûches sous la cheminée, j'ai aperçu une fenêtre grand ouvert. Je m'en suis approché et j'ai sauté presque sans hésiter. Arrivé là, je me suis dit que j'avais déjà fait un grand pas. Il était temps de ne pas trop se précipiter dans l'inconnu extérieur. J'ai donc décidé qu'il était temps de me lancer dans une nouvelle observation minutieuse de ce qui se passait sous mes yeux. Assailli par tant d'informations, engourdi par la forte chaleur bienfaisante du soleil, je restai peut-être plusieurs heures à organiser ma future expédition. Puis vint le moment où je me sentis prêt. Le rebord de la fenêtre se prolongeait à droite et à gauche sur le mur extérieur en un chemin de quelques centimètres de large, ce qui est largement suffisant pour s'y aventurer. Tiger-CeyresteFenetreExt.pngJ'optai pour la gauche et parvenai rapidement à un jardinet de gravier et d'épines de pin séchées. Quelques arbustes assoifés, un ou deux cactus, quelques pots d'herbes aromatiques et un barbecue électrique entouraient une table de fer et quatre chaises en plastique. A l'autre bout du jardinet descendait un chemin en pente plus ou moins douce vers des horizons trop lointains pour moi. Près du mur de la maison, quelques marches permettaient d'accéder au chemin principal qui passe devant la maison, et qui est aussi le territoire de jeu du Monstre.
Après avoir attentivement repéré les lieux, je décidai que j'avais mon compte d'aventure pour aujourd'hui. Je tournai les talons et, entreprenant le chemin inverse, je me dirigeai prestement vers mon dessous de lit pour une toilette et une sieste bien méritée.



lire aussi :

chapitre 1 :  Préparatifs
chapitre 2 :  Le voyage
chapitre 3 :  Accoutumance
chapitre 4 :  Sortir
chapitre 5 :  Tout est à recommencer
chapitre 6 :  La niche du chat
chapitre 7 :  Ma fenêtre préférée
chapitre 8 :  Le blues du voyageur

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Dimanche 15 juillet 2007

Accoutumance

Tiger-Partho.pngSa présence est partout, mais nous ne nous sommes pas croisés. Depuis deux jours, il est contenu dans la partie basse de la maison, côté cuisine, et bénéficie de toute liberté pour entrer et sortir à sa guise. Moi, j'ai l'étage et le salon. il m'est arrivé de descendre furtivement, mais jamais bien longtemps. Il faut dire que son odeur est très présente en bas, bien plus qu'en haut. Et croyez-moi, l'odeur d'un labrador n'est pas ce que je connais de plus agréable. Hier soir, la porte de la cuisine, qui fait office de frontière entre nos deux univers, est restée ouverte. Pas fou, je ne suis pas descendu. Lui ne peut pas monter car un gros fauteuil bloque l'accès à l'escalier. Jusqu'ici, tout va bien.
Ici, contrairement à chez moi, il fait très chaud. Les fenêtres sont ouvertes en permanence, mais les bruits de l'extérieur sont très différents de ce que j'ai l'habitude d'entendre. Ils sont tous naturels, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de bruit de voitures, de camions poubelles, de camions de livraison, de camions de la voirie... Ici, ce qu'on entend principalement, c'est le crincrin permanent des cigales. Ce bruit s'apprivoise en trois phases : la première phase, c'est quand on arrive. Ces bruits sont tellement charmants, tellement inhabituels, tellement "vacances" qu'on est émerveillé d'entendre la nature dans toute sa puissance. La deuxième phase, c'est quand on comprend que ce bruit et ces décibels sont permanents, et qu'il va falloir les supporter pendant dix jours. C'est une phase délicate car c'est le moment où tout peut basculer. Les plus fragiles craquent d'entendre ce boucan agressif sans fin et fuient sans demander leur reste. Puis le temps fait son affaire, le cerveau accomplit son travail et entreprend de modifier les réglages de la perception auditive. Il filtre le bruit tapageur et petit à petit, on n'y prend plus garde. L'accoutumance est là, le plaisir des senteurs provençales entre en action, et on se sent enfin pleinement en vacances.
Mouais, tout ça c'est bien joli mais j'ai deux gros problèmes à résoudre : je suis dans un univers immense, un territoire grand comme le ciel et totalement inconnu ; il y a aussi la présence de ce monstre qui rôde parfois, et je n'ai absolument pas confiance en sa placidité vantée par mes maîtres ni au fait qu'il passe le plus clair de son temps affalé sur le côté à dormir comme un bienheureux. Pour un peu, il aurait fait un bon gros chat. Un chat pataud de 60 cm de haut et de 40 kilos...
Tiger-Ceyreste.png
Prudent par nature, J'ai décidé d'adopter la stratégie de l'attente. J'ai repéré deux ou trois lieux où je me sens à peu près à l'aise : un rebord de fenêtre, un rebord de lucarne et un dessous de lit. Les deux premiers sont munis d'une moustiquaire verte qui me sépare de tous les nuisibles volants, agaçants suceurs de sang et autres vrombissants pathétiques. Je peux passer des heures, tranquillement installé, à observer les grands pins qui oscillent nonchalamment sous la brise, je suis conquis par les papillons graciles qui volettent de massif en massif, j'ai même vu un lapin traverser une restanque en diagonale, provoquant les hurlements du monstre pas si endormi que ça. Quand j'en ai assez d'observer, je vais m'allonger sous le lit de mes maîtres et je m'adonne à l'une de mes activités favorites : dormir.


lire aussi :

chapitre 1 :  Préparatifs
chapitre 2 :  Le voyage
chapitre 3 :  Accoutumance
chapitre 4 :  Sortir
chapitre 5 :  Tout est à recommencer
chapitre 6 :  La niche du chat
chapitre 7 :  Ma fenêtre préférée
chapitre 8 :  Le blues du voyageur
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Samedi 14 juillet 2007

Le voyage

D'habitude, je voyage en avion. Ça commence toujours par un trajet en métro, puis un trajet en bus jusqu'à l'aéroport, puis on attend, puis on prend l'avion. Généralement, ça se termine par un trajet en voiture, ce que je n'apprécie pas particulièrement. Il y en a toujours pour plusieurs heures, mais les situations et les modes de transport sont variés. Cette fois-ci, le voyage a eu lieu en train. Ça a commencé par le métro, comme d'habitude, puis par le TGV. Trois heures sans bouger, bercé par le roulis discret des rames. Mes maîtres avaient posé mon sac au sol, sous leur siège, comme ils ont l'habitude de le faire. Dans les nouveaux TGV, l'air climatisé sort par des rainures faites au ras du sol. Mes maîtres ne le savaient pas, ils l'ont découvert à l'arrivée, en récupérant le sac qu'ils ont trouvé très frais. Je vous laisse imaginer le choc thermique en descendant du train. L'engourdissement dû à la conjugaison d'une immobilité prolongée et au souffle de l'air climatisé à même le pelage a vite cédé la place à une nervosité lourde de chaleur, de mouvements en tous genres, d'éclats de voix. Bref, au bout de quelques instants, je n'en pouvais plus, et je ne rêvais que d'une chose : sortir de ce maudit sac. Sur le quai, mes maîtres se séparèrent : elle partit, avec moi sous le bras, vers une borne pour acheter un billet de TER et lui se chargea de rapprocher les gros sacs du dit TER qui partait dans moins de dix minutes. Marche au pas de course, stress, j'étais ballotté dans tous les sens et mon énervement allait crescendo, maintenant teinté d'une angoisse terrible : que se passerait-il si on ratait la correspondance du TER ? Combien de temps devrais-je encore passer dans ce sac ?
Finalement, nous réussîmes à monter dans le tortillard une ou deux minutes avant le départ. Soulagement de mes maîtres, qui reprirent leur souffle quelques instants avant de se soucier un peu de moi. S'avisant que j'aspirais sans doute à me délier les pattes, ils entrouvrirent mon sac. Je ne mis pas plus d'une seconde à bondir sur la banquette. Tout étonné d'être dehors, je mis un moment à comprendre que le voyage n'était pas terminé. J'aurais bien voulu entreprendre l'exploration du wagon, mais je ne pouvais pas non plus détacher mon regard du paysage défilant derrière la vitre.





Le voyage fut court. Dommage, car hors du sac, je trouvais cela plaisant. Les passagers se penchaient pour me regarder, ils me trouvaient beau. Les enfants interpelaient leurs parents "regarde, maman, un chat". Je faisais le joli,  je prenais soin de rester sage pour qu'ils aient une bonne opinion de moi. Puis je me suis installé sur les genoux de mes maîtres, alternativement. Je prends toujours soin de contenter les deux, car celui sur lequel je m'installe ne manque jamais de lancer un petit regard triomphant à l'autre qui signifie "tu vois, c'est sur moi qu'il vient spontanément". Alors j'alterne.
Le train s'est arrêté à plusieurs reprises dans de petites gares qui sentaient bon la gloire de mon père.

Tiger-Aubagne.png

Puis nous arrîvames. Je reconnus la maison. j'y étais déjà venu. Je me souvins qu'un monstre énorme y habitait. Ppfff, ça n'allait pas être une partie de plaisir.


lire aussi :

chapitre 1 :  Préparatifs
chapitre 2 :  Le voyage
chapitre 3 :  Accoutumance
chapitre 4 :  Sortir
chapitre 5 :  Tout est à recommencer
chapitre 6 :  La niche du chat
chapitre 7 :  Ma fenêtre préférée
chapitre 8 :  Le blues du voyageur
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Vendredi 13 juillet 2007

Introduction


Dans les chapitres qui suivent, je vais vous conter mon voyage en Provence. Dix jours de vacances pour mes maîtres, dix jours d'aventures pour moi. Dans la mesure du possible, j'essaierai d'illustrer mes récits. Ça commence mal, aucune photo n'est prévue pour le premier chapitre.


Préparatifs

Je les ai vu arriver de loin : une agitation anormale, des sacs de voyage qui s'emplissent dans le couloir de l'appartement, et le signe qui ne trompe pas : cet horrible sac vert ajouré dans lequel ils me fourrent de force à chaque fois qu'ils partent plus d'une journée. Encore une fois, ça n'a pas manqué. Je les entendais s'énerver : t'as pris les chargeurs des téléphones ? Euh... attends, je revérifie. C'est bon, ils sont là. Et la crème solaire ? Oui, dans ta trousse de toilette, tu me l'as déjà demandé. Je range les billets de train avec ton chéquier dans le sac orange, tu t'en souviendras ?
Pas de doute, un voyage se préparait.
Au dernier moment, ils se sont mis à ma recherche en minaudant bêtement. J'ai su que l'heure était venue, mais je n'allais pas me laisser attraper sans résistance. J'ai couru me cacher sous un meuble, mais ma maîtresse a quand même réussi à attacher le collier autour de mon cou. Sachant qu'il était inutile et douloureux de résister à la traction de la laisse, j'ai fait quelques pas en avant. Elle m'a soulevé de terre et positionné au-dessus du sac vert qui m'attendait grand ouvert, avec ma couverture préférée bien installée au fond. J'ai écarté les pattes pour offrir un maximum de résistance et je me suis agité dans tous les sens.
Finalement, elle a semblé capitulé. Ils sont ouverts la porte d'entrée et m'ont déposé devant l'ascenseur. Encore une chose que je n'aime pas. Quand la cabine est arrivée, ma maîtresse m'a fourré dedans, est montée à ma suite et a appuyé sur le bouton. Les portes se sont refermées, laissant à l'étage mon maître empêtré dans les sacs. L'ascenseur a commencé à descendre, et je n'en menais pas large au bout de ma laisse. Puis la porte s'est ouverte et j'ai bondi dans le hall de l'immeuble. Bien qu'étant déjà passé par là auparavant, j'étais en territoire inconnu. Je savais que bientôt, il faudrait sortir sur le trottoir, et que je serai submergé de bruits et d'odeurs terrifiants car inconnus. Je crois que j'ai miaulé pour signifier au monde mon profond mécontentement. Ma maîtresse devait compter sur le sentiment de terreur qui montait en moi, car juste avant qu'elle ouvre la grande porte vitrée qui sert de frontière avec l'extérieur, elle me souleva du sol et me déposa dans mon sac. Penaud et reconnaissant, je la laissais faire sans presque résister.

lire aussi :

chapitre 1 :  Préparatifs
chapitre 2 :  Le voyage
chapitre 3 :  Accoutumance
chapitre 4 :  Sortir
chapitre 5 :  Tout est à recommencer
chapitre 6 :  La niche du chat
chapitre 7 :  Ma fenêtre préférée
chapitre 8 :  Le blues du voyageur
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Mardi 10 juillet 2007

tiger-mac.pngJe vous ai dit un jour que j'adorais notre ordinateur blanc. Celui qui ne  fait pas de bruit. Celui qui ne s'enrhume jamais. Celui qui est joli et efficace. Je tenais à vous le montrer. Le voici le jour où il est arrivé. C'était l'an dernier. Un beau moment d'émotion après que le précédent, un petit gris, ait été pris de convulsions, réanimé en urgence et sauvé de justesse. Celui-ci fonctionne à merveille. Il fait chaque jour le bonheur de mes maîtres... et le mien ;-) Petit clin d'oeil aux connaisseurs : il fonctionne sous Tiger, naturellement !

Quant au petit gris, il sert encore quand on part en week-end ou en vacances. À ce propos, mes parents m'emmènent dans le sud pour une dizaine de jours. Départ dans deux jours. J'essaierai de vous raconter cette aventure  au jour le jour.
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Dimanche 8 juillet 2007

 

Les humains n'ont aucune décence. Essayez donc de les surprendre dans leur salle de bain et ils crieront assurément au voyeurisme, et certainement à la perversité. Par contre, ils n'hésitent pas à photographier et à filmer la vie privée de leurs animaux de compagnie jusque dans leur intimité. Voici la preuve en images que mes maîtres (ne) sont (que) des humains comme les autres (et en plus, c'est mal filmé...)




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Mardi 3 juillet 2007

tiger-campagne1.pngDans mon souvenir, la campagne était un endroit où il y a du soleil, contrairement à la ville où le ciel est gris  comme les rues, les bâtiments et les âmes. Sans doute ma mémoire me joue-t-elle des tours, ou alors la météo est déglinguée, quoi qu'il en soit, de toutes mes vies, jamais je n'avais vu  une fin juin aussi moche.

C'est bizarre, la campagne. C'est très grand. Il y a de drôles de couleurs. Le sol est fait de petits cailloux, ou bien d'herbe très verte avec plein de petites bêtes vivantes dédans. C'est bruyant, aussi. Il y a plein d'oiseaux qui piaillent partout, on entend des chiens, des tondeuses... Bbrrr... vraiment pas hospitalier, tout ça. Vous comprendrez donc facilement que quand je suis arrivé, j'étais quelque peu circonspect, et je me tenais sur mes gardes.
tiger-campagne2.pngLe plus sage m'a semblé de commencer par explorer les intérieurs. Je me suis donc faufilé dans la maison qui se trouvait là à la recherche d'une sortie. Oui, c'est une caractéristique courante chez nous. Quand nous entrons quelque part, nous cherchons en premier lieu un moyen de sortir... D'une manière générale, le but de la vie des chats est de rentrer quand on est dehors et de chercher à sortir quand on est dedans. J'ai fini par dénicher une fenêtre ouverte  au premier étage, en haut d'un escalier. Je me suis donc faufilé  sur le toit. c'était drôle, car il était assez pentu et glissant.  Une vieille gouttière à moitié solide m'invitait à la promenade. Je n'ai pas résisté longtemps. Du bout de la gouttière, on voyait bien mieux  le toit. Pris par un irrésistible de découvrir ce qui pouvait bien se cacher de l'autre côté de la fenêtre, j'ai  entrepris l'ascension du toit. Je dois avouer que je me demandais aussi quelle vue on pouvait avoir depuis l'antenne de télé. Malheureusement, mes maîtres ne l'entendaient pas ainsi. Me voyant sur le toit, ils  ont cherché à me faire redescendre en m'appelant avec des voix tiger-campagne5.pngmielleuses, comme si cela avait un effet sur moi !
Devant leur échec, ils ont sorti l'artillerie lourde : la boîte de croquettes. Ils l'ont agité fermement  pour que j'entende bien (au cas où je n'aurais pas reconnu le carton en le voyant...). Les fourbes ! Ni une ni deux, j'ai galopé vers cet objet de tous les désirs. Puis je me souvenu qu'il y avait une certaine hauteur entre la boîte et moi, et j'ai freiné juste à temps devant la gouttière. J'ai patiné un peu, mais finalement, je ne suis pas tombé. Je suis prestement retourné vers la fenêtre, mais quand je suis arrivé en bas, la boîte de croquettes était repartie tout en haut de son armoire. Fourbes, et lâches en plus. C'est bien les humains, ça !
Vexé, j'ai décidé qu'ils ne me verraient plus de la journée. Je suis parti explorer les sous-sols, les sous-meubles, tous les endroits où il faut s'aplatir pour pouvoir passer, et devant lequels les humains viennent s'écraser la joue pour tenter de vous apercevoir quand ils vous cherchent. J'aimerais tiger-campagne3.pngpouvoir les prendre en photo quand ils en sont à quatre pattes, les fesses en l'air, le visage collé au sol,  la bouche tordue, en train de dire "non, il n'est pas là, je ne le vois pas".
Contrairement à la ville, à la campagne, on trouve plein de choses sous les meubles. C'est habité par toutes sortes dindividus : araignées, mouches mortes, moutons... J'ai adoré nettoyer tout ça avec mes oreilles ! Ça faisait comme des chapeaux ou des couronnes sur la tête !
Quand j'en ai eu assez et après avoir fini d'explorer la maison, je me suis dit qu'il était temps d'aller faire un tour à l'extérieur. Je me suis faufilé sous la grille du portail, j'ai pris à droite, puis encore à droite sur un chemin qui déscendait. J'ai pris mon temps pour explorer, renifler, et me familiariser avec toutes ces sensations qu'on ne peut pas éprouver en ville.
Presque au bout du chemin, j'ai rencontré... un chat ! Jamais je ne me serai attendu à rencontrer un congénère en une aussi lointaine contrée. J'ai essayé d'engager prudemment la conversation, mais lui restait à me regarder, couché sur le côté, semblant me jauger en silence. J'eus l'impression qu'il gardait l'entrée d'un chantier, probablement qu'une nouvelle maison allait se consttruire par ici. tiger-campagne4.pngJ'ai senti un peu de dédain dans son attitude. J'ai fini par comprendre qu'il m'ignorait ostensiblement. Sans doute s'était-il douté de mon origine citadine et avait-t-il décidé de jouer le méprisant. Ou alors est-ce ma couleur qui ne lui plaisait pas ? J'ai continué mon chemin mais je ne pouvais pas m'empêcher de repenser à cette étrange rencontre. Y aurait-il une différence entre les chats des villes et les chats des champs ? Les chats ne seraient-ils pas égaux quelle que soit leur couleur de poils ?
Mince alors ! Ce matou prétentieux était plein de préjugés alors qu'il vivait en pleine cambrouse à protéger un chantier de construction ! Un comble.

Il était temps de rentrer. Heureusement, les deux jours passèrent assez vite. Mes maîtres finirent par me remettre dans mon sac de voyage (ggrrr, je déteste rentrer là-dedans) et j'ai finalement retrouvé mon petit intérieur. Il ne me tardait qu'une chose : pouvoir vous raconter mon week-end. Mmm, je me sens déjà mieux.
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Jeudi 28 juin 2007

tiger-griffes.png

Plusieurs lecteurs m'ont encouragé et soutenu lorsque je sortais mes griffes pour écrire mes articles. Je dois vous avouer que cela est quelque chose d'inné chez moi. Déjà tout petit, je prenais l'expression à la patte de la lettre, et il ne fallait pas m'en promettre. Sur la photo, j'ai 51 jours, mais je sais déjà ce que je veux. J'imagine sans doute que ce joujou en corde est une injustice, un excès de zèle policier ou une manoeuvre politique.
Voilà, chez moi, sortir les griffes est un réflexe naturel. On ne peut pas aller contre la nature, n'est-ce pas ?

par Tiger publié dans : ma vie de chat
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Mardi 26 juin 2007


Voilà juste une 'tite comptine que j'aime bien et que l'on chante aux chatons pour qu'ils s'endorment.


I LOVE LITTLE PUSSY

I love little pussy,

Her coat is so warm,

And if I don't hurt her,

She'll do me no harm.

Miaow, miaow, miaow
I'll not pull her tail,

Nor drive her away,

But pussy and I,

Will gently play.
Miaow, miaow, miaow
She’ll sit by my side
And I’ll give her some food
And pussy will love me
Because I am good
Miaow, miaow, miaow
Miaow, miaow, miaow.


VERSION POUR LES OREILLES



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