Lundi 31 décembre 2007

Chères lectrices, chers lecteurs,

Pour la première fois, je me plie à cette étrange cérémonie dont vous, les humains, raffolez : l'expression des bons voeux pour l'année qui vient. Vu de la nature, il est parfaitement ridicule d'imaginer que l'on "change d'année", puisque ce changement est parfaitement arbitraire : au cours de l'histoire, de très nombreux calendriers ont successivement marqué le passage du temps. Actuellement, l'Europe utilise le calendrier grégorien, mais ce dernier a mis longtemps à supplanter le calendrier julien précédemment utilisé. Et le passage de l'un à l'autre s'est fait de façon plutôt acrobatique. En France, le changement s'est opéré en décembre 1582, où le lendemain du 9 décembre (calendrier julien) fut le ... 20 décembre ! La révolution française adopta le calendrier républicain  en 1792, mais celui-ci fut abrogé par Napoléon en 1805. Le calendrier républicain sera à nouveau utilisé pendant la Commune de Paris en 1871 et par Mussolini en Italie en 1922. Aux Etats-Unis, différentes régions sont passées au calendrier grégorien à différentes périodes : la première bascule eut lieu en 1582, la dernière en 1867 avec l'arrivée de l'Alaska sous la bannière étoilée. La Hongrie opéra son changement en 1587, l'Alsace en 1682, la Grande-Bretagne en 1752, la Bulgarie en 1916, la Yougoslavie en 1919, la Turquie en 1927. Avec, à chaque fois, un saut dans le temps de plus de 10 jours. Le calendrier musulman, basé sur les cycles lunaires, reste aujourd'hui très répandu dans les pays musulmans. Toujours en service, le calendrier ethiopien débute au 11 septembre du calendrier grégorien et ajoute un jour épagomène tous les quatre ans,  le calendrier persan, issu des calendriers zoroastriens, reste utilisé en Iran et en Afghanistan. On peut aussi évoquer le calendrier hébreu, dans lequel quatre jours différents peuvent marquer un début d'année, le calendrier chinois, qui ne sert plus qu'au folklore et à déterminer les fêtes traditionnelles chinoises, et tant d'autres. Mon préféré reste le calendrier pataphysique, dans lequel le dernier jour de l'année du calendrier grégorien (aujourd'hui donc, vous suivez ?) correspond au mardi 3 décervelage de l'an 135.
Tout ça pour dire que le début et la fin d'une année sont des choses toutes relatives, et que prétexter un tel événement pour se remplir la panse de victuailles indécentes et de boissons abrutissantes en feignant d'oublier les autres, les pauvres et le gouvernement est pathétiquement humain, à en faire pleurer bêtes et plantes. Penser que mes maîtres vont se prêter de bonne grâce à cette piteuse mascarade me rend tout chose.

Mais rien n'est grave puisque, grâce à la prévenance bien connue de l'Etat policier du gouvernement français, le réveillon va se passer dans la joie et la sérénité enfin retrouvée : jugez-en plutôt : huit hélicoptères, sept avions, un dispositif anti-casseurs composé de deux cent cinquante patrouilles motorisées rien qu'à Paris, dix unités supplémentaires de forces mobiles à Lyon, six à Bordeaux, sept à Marseille, le Figaro est au bord de l'explosion orgasmique rien qu'à lister les éléments déployés pour que, selon l'expression d'un "haut responsable du ministère de l'intérieur", ce réveillon de la Saint-Sylvestre reste un "moment festif". Le Figaro avait déjà connu les plaisirs du grand frisson l'an dernier, dans un article (apparemment modifié le 15 octobre 2007) dans lequel il se pâmait sur le dispositif mis en place pour le dernier réveillon du "premier flic de France" d'alors. Le journal s'extasiait sur les caméras à infrarouge embarquées dans les hélicos pour filmer les "inévitables casseurs", tandis que "le copilote [guiderait]  les unités au sol avec un puissant projecteur pour faciliter les interpellations". Sarko réalisateur de cinéma, déjà... Et la'rticle de compter par milliers les policiers et gendarmes déployés pour éviter que des "badauds avinés" ne se castagnent au pied de la Tour Eiffel ou que des voitures ne brûlent partout sur le territoire, selon une "tradition française" établie depuis 1981 à Vaulx-en-Velin.


Il faut reconnaître que les voeux ne seront pas de trop pour traverser 2008. Des voeux de santé, principalement, car dès demain, se soigner coûtera plus cher, avec la mise en oeuvre des fameuses franchises médicales qui pénaliseront les plus vulnérables et les plus pauvres. Si vous en avez encore le temps, courez, comme tant d'autres, présenter vos ordonnances en cours à votre pharmacien. Demain, il sera trop tard.

Une autre réjouissance s'annonce, mais il faudra attendre les beaux jours pour en profiter. Au 1er juillet prochain, la France va prendre la tête à l'Euopre de l'Union Européenne. De la rupture en perspective, mais à l'échelle continentale, cette fois. On n'a encore rien vu !


Dans quelques heures (à 20h précises, tradition oblige), le sarko-show va innover (!) en produisant un spectacle ramassé (donc, avec plein de rien dedans), en direct siouplé, avec un "message très personnel" du président écrit par son porte-plume Henri Guaino. Un "message personnel" écrit par un professionnel des discours et prononcé par un professionnel du foutage de gueule, ça promet d'être tartuffe en diable ! Allez, courage, plus que quelques heures.

En attendant, bonne année ! Et la santé, surtout !
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Samedi 29 décembre 2007

On s'habitue à tout. Même à voir et à entendre Nabot-Léon matin, midi et soir dans les journaux. Sa petite entreprise de matraquage médiatique ne connait pas la crise. Elle tourne à fond les manettes, va de plus en plus loin dans l'affichage, dans la manoeuvre et dans la manipulation médiatiques. Progressivement, l'artillerie lourde se déploie. On croyait avoir tout vu juste après l'élection : Fouquet's, jet privé, yacht de luxe... Ce fût certes un coup de massue, mais ce n'était finalement pas grand chose. Depuis, on a eu droit à une liste sans précédent de "coups" parmi lesquels la visite d'un dictateur sanguinaire,  une incroyable escapade sentimentale chez Disney avec une ex top-modèle ex-chanteuse qui s'est tapé le-tout-Paris-et-même-plus et dernièrement, re-jet privé, séances photos du trop-cool-président avec sa nouvelle amie en Egypte. Ça me rappelle l'émission Surprise sur prise, dans laquelle des personnalités connues tombaient dans des pièges énormes, parfois montés à grands renforts d'effets à grand spectacle. Plus c'était gros, plus ça passait. Aujourd'hui c'est pareil. La technique médiatique de l'Elysées est d'enfumer les esprits avec une actualité quotidienne HÉNAURME qui détourne des questions de fond et "l'autre" actualité : évacuations de sans-papiers particulièrement indignes, pauvres délogés de leurs tentes à coup de matraque, etc.

Il ne faut surtout pas oublier que toute cette communication est étroitement contrôlée. Les infos dites "people" sortent sur décision du pouvoir. Depuis le début, Sarkozy utilise les journalistes et les photographes comme bon lui semble. Et ça ne date pas de son élection. Restons en Egypte : j'apprends ce matin que la police égyptienne a "procédé à des tirs de sommation pour éloigner les photographes" de l'embarcation sur laquelle il faisait bronzette avec l'élue de son coeur (défense de rire). Un journaliste de France 24 a été interpellé par la police après qu'il ait photographié la villa de vacances du french president, ; la carte mémoire de son appareil photo a été effacée. D'autres photographes se sont fait confisquer leurs appareils.
Sans doute Nabot-Léon n'a-t-il pas le pied marin, car au cours de son séjour états-unien, c'est déjà sur un bateau qu'il avait piqué une grosse colère contre des photographes.

Une autre info en passant, pas entendue non plus dans l'hexagone, et qu'il faut aller chercher chez les cousins québecois : des parlementaires égyptiens "se sont élevés contre la visite dans leur pays du président français Nicolas Sarkozy, parce qu'il a partagé sa chambre avec sa compagne Carla Bruni." Cet homme ne respecte décidément rien !

Allez, comme je suis d'humeur moqueuse ce matin, je ne résiste pas à une descente dans les basses fosses de la sous-presse pour vous inviter à feuilleter ce petit diaporama qui illustre le "style Sarkozy". Oui, c'est facile.


[Mise à Jour]

La police égyptienne a décidé, avec la complicité -au moins passive- de la délégation française, de muscler son action de surveillance du roitelet français. Un journaliste a été violemment pris à parti par un policier égyptien lors du footing de Sarkozy et Kouchner. Jeté à terre, appareil photo brisé, coude gauche fracturé par une clef de bras, arme pointée sur la tempe, interpellation... sous l'oeil indifférent d'un garde du corps français qui participait au footing. Tous les détails sont à lire sur le site de Libération.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Jeudi 20 décembre 2007

Ceux qui ont le courage d'écouter la radio le matin l'on appris au réveil : Nabot-Léon, dans son impériale bonté, a décidé de "désavouer" les parlementaires en décidant, par le fait de l'empereur, que les pauvres petits vieux et les pauvres petites vieilles ne paieraient pas la rédevance audiovisuelle, comme les représentants des français l'avaient décidé récemment. Le premier réflex est de se réjouir de cette décision. Mais en y regardant de plus près, de nombreux doutes me viennent :

- Quand auront lieu les prochaines élections ? Dans environ trois mois. Mais cela n'a rien à voir, bien sûr.
- Cette exonération est-elle pérenne ? Que nenni ! La décision ne vaut que pour 2008.
- L'effet Carla B. n'a pas été celui escompté. Les français se sentent de plus en plus cocus et cette fois, la ficelle a été trop grosse pour être avalée comme une couleuvre. Ils commencent à comprendre la mécanique sarkozienne, et l'épisode Kadhafi n'a pas été chassé des mémoires par les photos made in Disneyland.

A ce moment de la réflexion, un doute énorme me prend : et si tout cela n'était qu'un épisode supplémentaire de cette mécanique ? Nabot-Léon n'aurait-il pas, dès le départ, écrit (ou fait écrire) le scénario dans lequel les parlementaires seraient les méchants et lui, dans sa grande bonté, arriverait, juché sur son cheval de tout nouveau chanoine de l'abbaye de Saint-Jean de Latran, pour sauver, dans sa grande mansuétude, le pouvoir d'achat de nos anciens ?
Pire : si , par cet acte de bravoure, il préparait l'opinion à la possibilité de s'asseoir sur certaines délibérations parlementaires qui lui déplaieraient dans l'avenir ? Bien sûr, la mécanique constitutionnelle sera ici respectée, car les processus des lois sont longs et les élus modifieront leur texte initial dans le respect des procédures. Sarkozy n'est pas Poutine. Sur la forme. Pour l'instant.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Dimanche 16 décembre 2007

[MISE A JOUR] Une erreur dans le code HTML de la page empêchait certains lecteurs sous Mac OS X et Safari de voir la totalité de l'article. Le (re)voici donc dans son intégralité.


L'actualité a parfois des raccourcis saisissants :  alors que le nouvel ami de Nabot-Léon, un peu terroriste, un peu dictateur, un peu antisémite...





... mais tellement riche vient de plier sa tente pour aller se reposer au soleil andalou, d'autres campeurs ont tenté de s'installer à Paris. Kadhafi était logé en les murs de l'hôtel Marigny (la tente bédouine plantée dans le jardin n'étant là que pour le folklore et les journalistes). A l'instar du "Guide de la grande révolution de la grande Jamahiriya arabe lybienne populaire et socialiste", ces amoureux de la vie en plein air sont allés planter leur tente sur les berges de la Seine au pied de Notre-Dame de Paris. Malheureusement, ils ont été vivement évacués par les gendarmes mobiles venus en force. Il faut dire que Christine Boutin, la madame-pipi des convictions religieuses de notre guide (de poche) à nous, avait annoncé qu'elle ne tolérerait pas une telle installation, consternant même les responsables du Secours Catholique, c'est dire le degré d'humanité que cache en elle la "ministre des mal-logeurs". 

Les pandores ont mis autant de coeur à évacuer les pauvres qu'ils avaient mis de zèle à protéger les convois de Kadhafi :





Ouf ! il ne sera pas montré qu'il y a de la misère en France, et les touristes du monde entier pourront fêter la naissance du messie ou la nouvelle année sur les quais si romantiques de la ville-lumière. Pourvu qu'ils ne regardent pas trop les zones d'ombre !


par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Samedi 1 décembre 2007
A propos de la dernière rebellion des  banlieues à Villiers le Bel, Nabot-Léon, le VRP plus fort que Chirac, a dit sans rire que la pauvreté et la précarité n'étaient pas à l'origine de ces tragiques événements. Il a raison : c'est la mort de deux gamins dans un accident de la circulation qui est à l'origine de l'embrasement de Villiers le Bel et des communes environnantes. Il a aussi prononcé le terme de voyoucratie, sans toutefois préciser s'il évoquait les casseurs ou les policiers-pas-du-tout-chauffards qui roulaient, paraît-il, à 40 Km/h. D'où lui est venu ce terme de voyoucratie ? Il ne faut pas chercher longtemps pour se rendre compte qu'il l'a puisé dans sa propre expérience ! La preuve a été évoquée (de façon très aérienne...) par la presse, et c'est sans doute Télérama qui, dans son numéro 3020 du 28 novembre 2007, en parle le mieux, bien que l'entrefilet soit relégué dans un coin de page juste à côté d'une publicité pour une voiture :

File ton sac, mémé
Plus de 90 millions d'euros. C'est ce que devrait soutirer le gouvernement Fillon aux "personnes âgées modestes" à partir de 2008 en mettant fin à l'exonération de redevance télé à laquelle elles avaient droit jusqu'alors. 780 000 loyers sont concernés.


Pendant que des voyous brûlent des voitures en banlieue, d'autres font les poches des vieux partout en France ! Et ce n'est pas tout : les personnes âgées étant les plus grosses consommatrices de médicaments, elles seront également les plus pénalisées par les franchises médicales, qui provoquent par ailleurs une indignation générale. Avec la suppression de l'exonération de la redevance et le racket de cinquante centimes par boîte de pilules et un euro par visite chez le médecin, il a été estimé que nos anciens, qu'ailleurs on considère comme une richesse inégalable, en seront pour 200 à 250 euros par an. Même pas le prix d'une rollex !

Des mesquineries comme ça, il y en a pléthore. Par exemple, la suppression du cadeau fiscal de vingt euros accordé jusqu'ici à ceux qui déclaraient et payaient leur impôt sur le revenu via internet. La stratégie était de faire prendre l'habitude aux français d'utiliser internet (tellement plus simple que de remplir sa déclaration de revenus à la main), puis de constater, devant le succès de l'opération, qu'il est nécessaire de réorganiser les services fiscaux, de nombreux agents ne servant plus à rien, et enfin de supprimer la carotte quand le pli a été pris.  L'autre jour, j'ai entendu mes maîtres dire que dans ces conditions, ils recommenceraient à remplir leur feuille de déclaration à la main, quitte à payer un timbre pour la faire parvenir au centre des impôts.

Vingt euros par ci, cent-seize euros par là, cinquante centimes de temps en temps, l'Etat fait en douce les poches aux citoyens. De vraies méthodes de voyous qui rapportent gros.

Finalement, les affrontements dans les banlieues ne sont que quelques épisodes sporadiques d'une guerre de gangs.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Samedi 24 novembre 2007

L'ensemble des médias français n'a eu de cesse, depuis le 18 octobre dernier (date de la première grève des transports) et surtout depuis une quinzaine de jours, de répéter que la France était décidément LE pays de la grève, l'incarnation de la promptitude à renacler à toute idée de réforme. Hélas, même dans ce domaine, la France se surestime. Comme en foot, en rugby, en sexualité, en diplomatie, en économie, la France sarkozyste est loin de ses prétentions, et, même si, par les temps qui courent, il faut être pugnace pour les trouver, les preuves de la médiocrité de la contestation sociale à la française existent.
Il y a deux ans, le blog 1984 faisait déjà ce constat cinglant en s'appuyant sur plusieurs études dont celle, très détaillée, de l'Observatoire Européen des Relations Industrielles (EIRO) qui montre très clairement que la France se situe en-dessous de la moyenne européenne. Le graphique ci-dessous le montre clairement. Il représente la moyenne annuelle (sur 2000-2003) du nombre de journées de travail perdues pour  1000 salariés suite à des actions syndicales. La moyenne européenne est de 44,2, la France est à 40,5.

graph-greves-2.jpg

Un autre enseignement est à tirer de ce graphique : on s'aperçoit que les pays scandinaves, présentés comme le modèle social à suivre, et qui ont introduit beaucoup de flexibilité dans la gestion du travail, sont tous "mieux" classés que la France, avec un score de 41,4 pour la Suède, 44 pour le Danemark, 55,3 pour la Finlande et 77,2 pour la Norvège. Comme en football, les "meilleurs" sont les Italiens avec un score de 134,7 et les espagnols, loin devant avec un taux de 219,7. Les français peuvent toujours s'accrocher !


Un article récent de Libération revient sur le mythe d'une France gréviste. François Doutriaux, enseignant en droit privé et consultant juridique indépendant, spécialisé en droit du travail et en droit pénal, (auteur, en août dernier, d' un article paru sur le site rue89.com expliquant comment le fameux paquet fiscal allait enrichir les riches et appauvrir les pauvres en dévalorisant les revenus du travail) analyse les faits et constate à son tour que non, la France est décidément loin d'être le pays de la contestation, en partie parce que le secteur privé, soumis à une précarité de plus en plus forte, ne fait plus grève. La contestation sociale est devenue l'apanage du secteur public. Ce fut particulièrement le cas en 1995 quand les fonctionnaires avaient le soutien du pays tout entier.
François Doutriaux relève notamment que sur deux périodes (1970-1990 et 1990-2005), la France a conservé son rang peu prestigieux de 11ème état sur les 18 pays les plus industrialisés. Même les Etats-Unis font davantage grève. Pire (mieux ?) : entre ces deux périodes, le nombre de conflits s'effondre : il passe de 0,15 jour de grève par salarié et par an à 0,03.
L'article montre que les conflits en France sont de plus en plus localisés, loin de l'idée de grands mouvements nationaux qui paralyseraient le pays. Sur la période 1970-1990, les conflits locaux représentaient 51,2% des journées de grève, les conflits propres à une profession 34,9% et les journées nationales d'action 13,9%. Sur la période 1990-2005, le pourcentage des conflits locaux passe à 85%, celui des conflits liés à une profession à 14% et celui des journées d'action nationale n'est plus que de 1%, incluant le mouvement de 1995. On est très loin du sentiment véhiculé par le pouvoir et les médias sur les "prises d'otage" à répétition des salariés !
François Doutriaux revient aussi les mesures et les annonces faites par Nabot-Léon concernant les grèves. Il démontre ainsi que le vote à bulletin secret en cas de conflit de plus de huit jours pourrait conduire, en cas d'un vote majoritairement favorable à la poursuite d'une grève, à empêcher les non-grévistes de travailler, contrevenant ainsi au droit fondamental de travailler ! Quand on sait par ailleurs que la quasi-totalité des conflits sociaux en France ne dure que deux jours, on comprend ce que cette volonté d'instaurer un vote à bulletin secret a d'électoraliste, de populiste et de marketing.
Enfin, l'article évoque la loi du 21 août 2007 relative à la grève dans les transports qui, loin d'instaurer un véritable service minimum (la preuve en fût donné au cours des dix derniers jours) comme l'avait claironné le candidat devenu président, ne fait que reprendre sous une autre forme des dispositifs déjà existants visant à prévenir les conflits.

Encore un mythe qui s'effondre. Le coq gaulois, "le seul animal à chanter les deux pieds dans la merde", comme l'avait souligné Coluche, va devoir chercher un autre motif de satisfaction.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mardi 30 octobre 2007

Après Police française, méthodes fascistes, voici la suite de la chronique des dérives policières de l'état qui inventa naguère les droits de l'homme.
L'histoire se passe dans la région de Dunkerque le 24 octobre dernier. Un membre du Mrap (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) rencontre un groupe d'une cinquantaine d'étrangers installés dans un bosquet, à qui il vient proposer de la nourriture et des couvertures. En leur serrant la main, il constate qu'ils portent un numéro écrit au marqueur sur le dos de la main. Ils expliquent que quelques heures auparavant, ils ont été arrêtés à Lille, puis relâchés. Le Mrap, scandalisé par ce marquage au feutre indélébile, a écrit un courrier à Yama Rade, Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, dans laquelle ils rappellent que des faits similaires ont déjà été constatés en janvier 2006, déjà près de Dunkerque, lors de l'évacuation au bulldozer et au gaz lacrymogène  d'un "refuge" improvisé par des migrants. Le bulldozer avait même enseveli un jeune chiot vivant.
Est-ce une spécialité nordique ? Jeqn-Pierre Masclet, d'Emmaüs Dunkerque, témoigne que cette pratique n'est pas isolée : "c'est la Police de l'air et des frontières qui procède ainsi, notamment l'hiver, pour aiguiller les gens vers des bus dans le cadre du plan 'grand froid' et les envoyer dans des centres d'hébergement, par exemple des centres d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada). Rouge pour un centre, bleu pour un autre".


Quand on a contesté les violences dans les charters, ils ont gardé le silence.
Quand on a qualifié les interpellations de "rafles", ils se sont offusqués, trouvant scandaleux "d'instrumentaliser" l'Histoire.
Ils ont planifié, quantifié, industrialisé l'expulsion des étrangers.
Hier, ils ont placé un bébé de trois semaines en centre de rétention, dans l'indifférence générale.
Aujourd'hui, ils marquent les étrangers avec un feutre indélébile. On peut s'attendre à un silence pesant.

L'avenir s'annonce difficile



source : rue89.com
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Vendredi 26 octobre 2007

A moins de revenir d'un voyage de  plus de six mois en Papouasie Septentrionale, vous savez sans doute que l'un des grands projets de Nabot-Léon est d'écraser les choix démocratiques, mais à sa façon : à la fois bling-bling et mesquine. Le sujet du jour : "l'Europe, l'Europe, l'Europe" comme aurait dit le Général. L'élyséen a décidé, en tant qu'empereur des français, que les électeurs s'étaient trompés de bulletin en votant NON au projet de constitution européeene lors du référendum de 2005. Puisqu'il faut tout faire soi-même (les autres sont si incompétents !) il a décidé de donner une seconde "chance" à tout le monde en inventant un traité "simplifié", c'est-à-dire en reprenant l'original et en mettant en annexe les parties qui gênaient le plus. Et pour cette fois ne pas prendre le risque d'un nouveau refus, il a décidé que ces "veaux" (comme aurait encore dit le Général) d'électeurs ne voteraient pas, et qu'il serait plus avisé de faire adopter le "machin" (oui, oui, comme aurait dit...) par les assemblées qui lui sont proportionnellement plus dévouées que le peuple français.

Nul doute donc que ce que les français ont jeté par la fenêtre va revenir par la cheminée, mais, malheureusement, ce ne sera pas le père Noël. Pour l'honneur, la contestation s'organise grâce autrès démocratique www. C'est le site de l'hebdomadaire Marianne qui s'est collé à une revue de web (forcément non exhaustive) de l'activité noniste. Bien honteusement, je recopie ici le fruit de leur travail :

  • Une mobilisation de députés européens pour l'organisation d'un référendum sur le site Gauche Avenir
  • Le blog Non, non et non animé par le MRC (le Mouvement républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement)
  • Le blog respectez notre non du mouvement La République Sociale de Jean-Luc Mélenchon) avec pétition en ligne.
  • L'organisation d'une chaîne de sensibilisation sur le blog Le Vrai débat
  • Un appel au référendum sur le blog Le peuple a déjà dit non
  • Un appel inter-associatif pour une autre Europe sur la-gauche.org
  • une autre pétition pour le référendum par ici,

Il est peu probable que tout cela suffise à détourner el presidente de sa décision, d'autant plus que le débat sera assurément inaudible au milieu des prochaines grèves pour les retraites ou autre chaude actualité (pipole, sportive, etc.) orchestrée par les conseillers du prince. Car rappelons que toute la sarko-stratégie est là : impulser toutes les réformes en même temps, les noyer dans un grand mouvement de brouillage médiatique, afin que rien ne puisse être étudié à fond (même pas sur l'environnement, n'en déplaise au vert pâle vendeur de gel douche Nicolas Hulot) et qu'aucun projet ne puisse permettre une prise de conscience de la gravité des propositions (à part certains avocats, qui se soucie actuellement de la désintégration de la carte judiciaire ?).

La France va bientôt se réveiller parfaitement à l'image de son chef suprême : cocue.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mardi 23 octobre 2007


Décidément, ce n'est pas une période très faste pour Nabot-Léon. Après la défaite des français en rugby, après le départ de Cécilia, après la claque de Poutine, voici que Guy Môquet, communiste, mort il y a bien longtemps, lui administre une leçon d'histoire dont il risque de se souvenir longtemps !
La seule chose qu'on retiendra de cette journée de commémoration officielle, c'est la fronde contre cette tentative de récupération de l'Histoire à des fins de marketing politique. Les Guaino et autres têtes pensantes del'Elysée ont cru qu'ils pouvaient refaire le "coup" de Jaurès et Blum pendant la campagne électorale, et, chaussés de leurs plus gros sabots, ont tenté de monter une marche supplémentaire vers les sommets de la manipulation. Malheureusement (si on peut dire...), cette fois, la mayonnaise n'a pas pris, et ces stratèges de haut vol se sont pris les pieds dans le tapis. Le plus symbolique est le dégonflement du président lui-même, qui, pour éviter de se prendre en pleine face les quolibets des enseignants sous l'oeil ingrat des caméras, a annulé sa visite au lycée Carnot, l'établissement que Guy Môquet frequentât, prétextant un problème d'agenda. On l'a connu plus imaginatif... Du coup, ses ministres ont du assurer l'intérim. Avec pour principale conséquence que nulle part, l'opération ne s'est déroulée comme prévu :  Xavier Darcos, le sémillant ministre de l'Education Nationale, s'est fait "chahuter" à Périgueux, Rachida Dati, qu'on ne présente plus, a du encaisser le mécontentement sonore des opposants au projet de loi sur l'immigration à Villejuif. Quant à Michel Barnier, ministre de l'agriculture en goguette à Courcelles-Chaussy,en Moselle, il a déclaré que la mort de Guy Môquet avait "permis la réalisation du projet européen". Il aurait voulu dire que "l'opération Guy Môquet" devait permettre d'occuper les médias pour que Nabot-Léon fasse passer en douce le traité simplifié sur l'Europe qu'il ne s'y serait pas pris autrement !

Mais il n'était pas nécessaire qu'un ministre vienne s'encanailler dans une cour d'école pour que la contestation soit active. Ainsi en Indre et Loire, de nombreux professeurs ont simplement refusé de se plier à cette mascarade de cérémonie. Au lycée Grandmont, à Tours, quatorze des seize professeurs d'histoire ont même signé une lettre de refus.
A la Réunion, calendrier scolaire oblige, l'opération a été décalée au 29 octobre. Là-bas, Sud Education et le Snes envisagent de déposer un préavis de grêve pour éviter que les professeurs insubordonnés n'aient pas à pâtir de leur refus de se plier aux ordres.


Du côté de l'opposition : pas d'opposition, à l'exception notable de Marie-Georges Buffet, qui, au Blanc-Mesnil, a lu à des lycéens la lettre de Guy Môquet en l'assortissant d'une explication de texte et d'un appel à la résistance. Elle aurait pu choisir un autre texte, saisi dans les affaires de Guy Môquet au cours de son arrestation. Ce poème rend hommage à trois camarades du résistant communiste. Probablement écrit par Guy Môquet lui-même, voici la troisième strophe de ce poème :

Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme

On se demande bien pourquoi l'Elysée n'a pas retenu ce texte pour rendre hommage au jeune communiste !

En dépit des très nombreux témoignages de refus de la lecture, les chiffres officiels concluent à un succès de l'opération et affichent entre 90% et 99% de participation. Un vrai score communiste !

Pour finir, il faut absolument écouter le témoignage d'Odette Nilès, qui rencontra furtivement Guy Môquet au camp de Chateaubriant en 1941. On l'a beaucoup vue et entendue sur les chaînes de télé, mais on ne l'avait pasd entendu dire que lire la lettre de Guy Môquet aux rugbymen était "débile" et de conclure : "ce pauvre Guy, s'il revenait, il serait fou de voir tout ce que l'on peut faire en se servant de son nom".
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Lundi 22 octobre 2007

La coupe du monde de rugby a eu l'effet que l'Elysée attendait : occuper les médias et les esprits. Certes, les bleus se sont artistiquement plantés, et leur ex-chef est entré par la petite porte dans son bureau tout neuf de secrétaire d'Etat ce lundi matin. Bureau derrière lequel se trouve un siège éjectable, et le grand businessman chauve à lunettes devra s'y asseoir avec moult délicatesse et s'y faire tout petit en attendant que la prescription le blanchisse discrètement des soupçons de fraude fiscale qui entâchent sa réputation de grand sportif. Au passage, et contrairement à l'annonce en trompette de sa nomination, Bernie la poisse ne sera pas en charge de "la jeunesse et des sports", mais simplement des "sports".

Pour contrebalancer la défaite historico-humiliante des trente joueurs du quinze de France, Nabot-Léon a du lancer un énorme missile sur les médias : un communiqué lapidaire, en quinze mots, pour annoncer officiellement l'autre débacle de la semaine : celle de son couple.

Les médias avaient donc largement de quoi remplir leurs pages et leurs temps d'antenne, et, dans l'ombre, la karcherisation de la société pouvait continuer tranquillement et dans l'indifférence quasi-générale. Ainsi, qui s'inquiète de l'actuel grand "Dati Tour" de la psycho-rigide garde des Sceaux qui s'en va annoncer, région par région, droite dans ses escarpins, le démembrement des structures judiciaires ? Qui a su, en lisant son journal ou en regardant le télévision, qu'elle s'était fait copieusement siffler, aussi bien à Rouen qu'à Pau ? Pourtant, ce n'est pas parce qu'elles sont des non-événements médiatiques que les politiques de réforme de la carte judiciaire et du durcissement des textes répressifs n'en sont pas moins dangereux. La communication showbizienne de l'Elysée sert d'écran de fumée à une remise en cause profonde des prinicpes fondamentaux de l'Etat. Il suffit, pour se convaincre que la justice tend chaque jour un peu plus vers l'injuste, de suivre Florence Aubenas au tribunal de Nanterre. Elle y a croisé des justiciables ordinaires dépassés par la complexité des procédures, qui sortent d'une audience sans avoir compris s'ils étaient ou non condamnés, des personnels littéralement débordés de travail et confrontés à la sordide réalité du quotidien (on est bien loin des séries télé américaines...), une culture du chiffre qui s'insinue dans (presque) tous les rouages, et parallèlement à tout ça, une autre justice, celle des grands, des riches, des puissants, des politiques, qui peuvent continuer à dormir tranquille. Une enquête minutieuse, édifiante et indispensable à ne surtout pas manquer.

Dans le domaine de la petite histoire (souvent aussi révélatrice que la grande),voici un autre coup d'éclat à mettre au crédit de la mesquinerie du petit nerveux agité : l'éviction du patron de l'INSEE, l'Institut National des Statistiques, chargé notamment de calculer et de publier les chiffres du chômage. Ces derniers ont été contestés par les employés de la maison, ce qui avait contraint l'institut à en suspendre la publication, ce qui, en pleine campagne électorale, avait fait tâche. jean-Michel Charpin paie-t-il la mauvaise tenue de ses troupes ? La manoeuvre, grossière mais peu médiatique, est dénoncée d'une seule voix par les syndicats qui craignent pour remise en cause de l'indispensable indépendance de l'Insee. Et ils estiment que le départ de Jean-Michel Charpin, "véritable fait du prince, affecte gravement la crédibilité de la statistique publique".

Et dire que Cécilia n'est plus là pour réduire Ses ardeurs...
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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