Jeudi 14 juin 2007
On ne le répétera jamais assez, les star'Ac, Pop Star et autres Nouvelle Star, c'est de la bouse de vache, du décérébrage industriel, du vent fourgué au prix du platine (de disque). Il est faible
de dire que j'aborrhe ces émissions à un point qu'on ne peut pas imaginer. Voyez dans le gratuit 20 minutes comment s'organise la manipulation. Il s'est pourtant passé quelque chose de
complètement imprévu avec la nouvelle saison de Nouvelle Star qui s'achève. Incroyable ! Ahurissant ! Fascinant ! M6 s'est fait avoir à son propre piège : ils sont tombés sur un artiste,
un vrai. A force de jouer avec le caca, il fallait bien que ça finisse par arriver : une fleur a poussé sur le fumier.
Vous n'avez pas pu manquer ça. Le phénomène s'appelle Julien Doré. Faites une expérience : tapez "Julien Doré" dans Google. A l'heure où j'écris, ça renvoie 1 090 000 liens. Essayez avec "Julien nouvelle star", on passe à 1 240 000 liens. Déjà, le Julien , il n'aurait même pas du être là. Quand il se pointe au casting avec son ukulélé, le jury lui demande de ne pas l'utiliser et de chanter a capella. Pas daccord, le candidat prend son instrument sous le bras et s'en va. Il est rattrapé in extremis et trouve un petit quelque chose à chanter.
Souvenir, souvenir... ou découverte :
La différence de Julien, c'est qu'il ne cherche pas forcément à devenir une star, et qu'il est déjà un artiste. Cinq ans d'études au beaux-arts, ça vous pose une culture en béton. La musique, la chanson ? oui, mais pas pour les paillettes. Musicien, bien sûr. Il joue et chante dans un groupe depuis longtemps, dans les bars, notamment. Pas vraiment la gloire. Pas du genre à se trémousser devant sa télé avec une banane à la main en guise de micro à faire d'improbables vocalises.
Quoi d'autre ? Une gueule d'ange. Un regard électrique. Ah ben oui, ça compte. En tous cas, ça aide. Les Dean, Brando, Pitt, Clooney avaient (ont !) beaucoup de talent, mais sans leur faciès, leur carrière aurait-elle fait florès ?
Et puis ? Une voix. Large. Basse. Haute. Chaude.
Et enfin, en vrac, un univers, des mondes parallèles, une innocence qui le reprend après chaque prestation, une pudeur inquiète qui le ferait presque s'excuser de s'être livré. Et une créativité, une inventivité comme on n'en entend guère. Il reprend Britney Spears, Dalida, Sabine Paturel, Alizée... et du coup, j'aime ces chansons (bon d'accord, il réécrit parfois un peu les textes...). Des orchestrations décalées juste ce qu'il faut (comprenez : complètement à l'ouest !), des interprétations itou, un grand talent de comédien, un sens de la scène et de l'espace, une gestuelle habitée qui n'appartient qu'à lui, avec tout le talent et l'auto-dérision nécessaires pour réussir des déconstructions réjouissantes et salutaires.
Julien est assurément un phénomène qui rassemble toutes les populations. Chez les jeunes, ça donne : "Julien, il est trop beau, il a une pure voix, j'l'adore trop". Un désastre. Un déni d'humanité. Le contraire de l'artiste. Ses fans les plus bruyantes ne le méritent certainement pas. Mais ce n'est pas grave.
Pour tout comprendre, voyez le site de son groupe The Jean d'Ormesson Disco Suicide ainsi que le site de son groupe Dig Up Elvis. Attention, c'est pas de la télé !
Vous n'avez pas pu manquer ça. Le phénomène s'appelle Julien Doré. Faites une expérience : tapez "Julien Doré" dans Google. A l'heure où j'écris, ça renvoie 1 090 000 liens. Essayez avec "Julien nouvelle star", on passe à 1 240 000 liens. Déjà, le Julien , il n'aurait même pas du être là. Quand il se pointe au casting avec son ukulélé, le jury lui demande de ne pas l'utiliser et de chanter a capella. Pas daccord, le candidat prend son instrument sous le bras et s'en va. Il est rattrapé in extremis et trouve un petit quelque chose à chanter.
Souvenir, souvenir... ou découverte :
La différence de Julien, c'est qu'il ne cherche pas forcément à devenir une star, et qu'il est déjà un artiste. Cinq ans d'études au beaux-arts, ça vous pose une culture en béton. La musique, la chanson ? oui, mais pas pour les paillettes. Musicien, bien sûr. Il joue et chante dans un groupe depuis longtemps, dans les bars, notamment. Pas vraiment la gloire. Pas du genre à se trémousser devant sa télé avec une banane à la main en guise de micro à faire d'improbables vocalises.
Quoi d'autre ? Une gueule d'ange. Un regard électrique. Ah ben oui, ça compte. En tous cas, ça aide. Les Dean, Brando, Pitt, Clooney avaient (ont !) beaucoup de talent, mais sans leur faciès, leur carrière aurait-elle fait florès ?
Et puis ? Une voix. Large. Basse. Haute. Chaude.
Et enfin, en vrac, un univers, des mondes parallèles, une innocence qui le reprend après chaque prestation, une pudeur inquiète qui le ferait presque s'excuser de s'être livré. Et une créativité, une inventivité comme on n'en entend guère. Il reprend Britney Spears, Dalida, Sabine Paturel, Alizée... et du coup, j'aime ces chansons (bon d'accord, il réécrit parfois un peu les textes...). Des orchestrations décalées juste ce qu'il faut (comprenez : complètement à l'ouest !), des interprétations itou, un grand talent de comédien, un sens de la scène et de l'espace, une gestuelle habitée qui n'appartient qu'à lui, avec tout le talent et l'auto-dérision nécessaires pour réussir des déconstructions réjouissantes et salutaires.
Julien est assurément un phénomène qui rassemble toutes les populations. Chez les jeunes, ça donne : "Julien, il est trop beau, il a une pure voix, j'l'adore trop". Un désastre. Un déni d'humanité. Le contraire de l'artiste. Ses fans les plus bruyantes ne le méritent certainement pas. Mais ce n'est pas grave.
Pour tout comprendre, voyez le site de son groupe The Jean d'Ormesson Disco Suicide ainsi que le site de son groupe Dig Up Elvis. Attention, c'est pas de la télé !
par Tiger
publié dans :
mes oreilles leur disent Merci
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