Jeudi 20 septembre 2007

Depuis le temps qu'on l'attendait, cette fois, la nouvelle est officielle : la chasse aux enfants est ouverte. Un courrier électronique de l'inspection académique du Haut-Rhin à destination des directeurs d'école est sans ambiguité aucune :

Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Avez-vous connaissance de scolarisation d'élèves "sans papier" dans votre établissement ?
Dans l'affirmative, veuillez nous le faire savoir dans la journée par e-mel ou par téléphone au 03 89 21 56 ** ou 03 89 21 56 **. En vous remerciant.
DVS/3

Vous avez bien lu. C'est formidable, car l'administration, dans sa grande et belle diligence, nous dédouane de tout effort : inutile de partir soi-même à la recherche d'enfants sans-papier, les mains des citoyens resteront propres, puisqu'une simple dénonciation suffit. Comme au bon vieux temps.
Cette fois, s'en est fini et bien fini de tous ses #@!&¤ d'immigrés clandestins qui volent les emplois, le pouvoir d'achat et l'honneur national des français. Bon, ils n'égorgent pas encore nos fils et nos compagnes, mais mieux vaut  prévenir que guérir, n'est-ce pas ?

Il fallait s'y attendre, ces gauchistes de dirtecteurs d'école ont mal réagi et ont refusé de se plier à la cause. Et de prévenir la presse, qui a monté l'affaire en Affaire. Face à ces rebuffades, l'Inspection Académique du Haut-Rhin a rapidement envoyé un courrier électronique de contre-ordre en expliquant que cette demande était "sans objet" car parvenue aux directeurs d'école "par erreur". Le ministre de l'éducation a regretté "la maladresse" de l'inspection académique. Finalement, il ne récuse pas le fond du sujet, simplement la méthode. On regrette cette reculade ministérielle, alors que le chef de l'Etat rappelle à qui veut l'entendre qu'il n'y a pas de tabou et que tous les sujets doivent être abordés. Certains se consoleront en estimant qu'il s'agissait là "d'un ballon d'essai", une pierre jetée dans le jardin des médias pour juger de la réaction populaire avant une initiative officielle et décomplexée. Ce serait alors une habile manoeuvre de prudence.

Chers lectrices, chers lecteurs, non, je ne suis pas atteint de sarkomania, vous aurez compris qu'il convient de prendre ce qui précède au deuxième degré. Malheureusement, le rouleau compresseur sarko-médiatique lamine les consciences et ce discours poujado-sarko-nationaliste s'imprègne subtilement dans les consciences avec la complicité (pour le moins passive) de la plupart des médias. Dans les articles de presse qui ont servi de base à cet article, des défenseurs de la cause des sans-papiers et des syndicalistes du monde enseignant évoquent la "base élèves". Qu'est-ce donc ? rien de moins que le fichage des élèves du primaire. Ce fichier est hébergé dans les rectorats, et il est accessible par les maires, les inspecteurs d'académie, les directeurs d'école, depuis n'importe quel poste relié à internet. L'article consacré à ce fichier dans Wikipédia liste quelques points qui font grincer les dents des défenseurs des libertés individuelles :

  • Certains champs à renseigner (comme la date d'entrée en France, la langue et la culture d'origine, les aides spécialisées reçues, les intervenants éventuels, la situation familiale) sont liés à l'immigration ;
  • La base enregistre les difficultés sociales de la famille, les difficultés scolaires, et des informations médicales, psychologiques et psychiatriques ;
  • Certains craignent que la base ne puisse être détournée de son usage premier (gestion des écoles) pour, par exemple, intervenir dans le contrôle des flux migratoires ou utilisée pour repérer l'absentéisme (et supprimer les allocations familiales des fautifs) ;
  • Des syndicalistes de l'Éducation Nationale relèvent que l'anonymat peut être levé en fonction des besoins de l'administration (en cohérence avec la volonté d'accroître le rôle du maire). Selon eux « Base-Élèves n’est pas un outil au service des besoins éducatifs de la jeunesse, c’est l'instrument d’une politique sécuritaire et policière » ;
  • L'inclusion dans une base de données informatisée ne se fait pas dans les contraintes prévues par la loi informatique et libertés : les parents ne sont pas systématiquement prévenus que l'inscription fera l'objet d'un traitement informatique.

Il suffit de lire un peu entre les lignes du site de l'Education Nationale qui présente le projet "base élèves" pour comprendre que l'Etat n'a même plus honte de sa politique. Finalement, le zèle d'un obscur employé de l'inspection académique (aux ordres, ne soyons pas naïfs !) n'est qu'une petite verrue maladroite dans le processus engagé de mise au pas de la société. Chaque jour, quelques morceaux de libertés, quelques morceaux d'acquis sociaux sont grignotés par quelques bestioles affamées dans une indifférence quasi-générale. Chaque jour, on vole à chacun un peu de monnaie, quelques miettes : c'est plus discret qu'un cambriolage, mais au final, tout aussi rentable. En tentant d'institutionnaliser la dénonciation des enfants, un nouveau vient d'être franchi.

Comme se le demandait l'humoriste Régis Mailhot hier matin sur France Inter, après la délocalisation du ministère de Christine Boutin à Lyon, à quand celle du reste du gouvernement à Vichy ?


Une devinette pour terminer :

En quelle année un petit homme nerveux, acrimonieux, vociférant est-il arrivé légalement au pouvoir avant de mener une politique brutale qui a conduit au pire ?
☐   1933
☐   2007
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mercredi 19 septembre 2007

Il y a quelques jours, je vous présentais l'initiative de l'association du Rassemblement  pour la démocratie à la télévision, qui souhaite instaurer une journée nationale sans Nicolas Sarkozy dans les médias. J'invitais les bonnes volontés à propager l'opération pour mieux la faire connaître. J'appelais les graphistes à l'aide pour créer un logo à apposer sur les blogs. Dirtydiel, rédactrice du très joli et très indispensable blog abordo, a créé un "bouton" renvoyant vers l'article de présentation de cette journée et se propose de l'envoyer à tous ceux qui lui en feront la demande. Elle peut même en modifier les couleurs pour qu'il s'intègre parfaitement au design de votre site. Pour la contacter, rendez-vous sans plus attendre ici. Et prenez donc quelques minutes pour admirer son superbe blog.
N'oubliez pas de venir ensuite, quand le bouton sera installé sur votre blog, de venir le signaler dans les commentaires, ici même ;-)
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 12 septembre 2007

Dans quel pays un chef de l'Etat peut-il aujourd'hui mettre en place une politique de rafle organisée, chiffrée, sans que cela n'émeuve personne ou presque ? Dans quel pays ce chef de l'Etat, mécontent des faibles résultats ("je veux des chiffres !") pique-t-il une grosse colère à l"endroit de son ministre chargé des rafles et enjoint ce dernier de convoquer les préfets pour leur rappeler leur "devoir" ? Dans quel pays, chaque jour, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des enfants sont-ils arrêtés manu militari par une police zélée, parqués dans des centres insalubres et fourrés de force dans des avions pour être expulsés ?

Un indice : dans ce pays, considéré partout dans le monde comme le berceau des droits de l'Homme, on peut lire au fronton des mairies et des écoles (devant lesquelles sont parfois raflés des enfants) les mots "Liberté, Egalité, Fraternité". Ce pays, c'est la France. Honte. Honte. HONTE.


La liste des victimes est consultable sur le site du réseau Educations sans Frontières
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 11 septembre 2007

En juillet dernier, 64 personnes créaient le Rassemblement  pour la démocratie à la télévision, sous la forme d'une association loi 1901 indépendante de tout parti ou organisation politique. Objectif : réfléchir à la place de la politique dans l'information, aux rapports entre ceux qui possèdent les médias et ceux qui dirigent le pays... Vaste programme !

Le RDT vient de lancer une initiative intéressante de protestation : par l'intermédiaire d'un communiqué, elle demande à l'ensemble des rédactions d'organiser une "journée nationale sans Sarkozy dans les médias". Tous les médias (y compris les blogs) sont invités à opérer un black-out sur tout ce qui touche le président français : "pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! Rien de rien, s'il vous plaît".

La date a été fixée au 30 novembre, soit un an jour pour jour après l'annonce officielle de sa candidature. Personnellement, je participerai à ce non-événement, et je vous encourage, d'une part à faire de même, d'autre part à prévenir un maximum de personnes sur l'existence de cette initiative. Il faut que tout le monde soit au courant et puisse participer, chacun à sa manière. Que le mot "Sarkozy" devienne, ce jour-là, un gros mot qui fait honte à celui qui le prononcera.


[MAJ]

J'ai contacté Daniel Bitoun, sociologue de profession  et président de l'association RDT. Il m'a expliqué qu'il n'existait pas encore de site internet. Je lui ai soumis l'idée un logo à apposer sur les sites et médias participants. Si vous vous sentez l'âme d'un graphiste, n'hésitez pas à lui envoyer vos propositions par mail : rasdemtv(AROBASE)orange.fr.

Vous pouvez aussi télécharger les documents suivants (au format PDF) pour les renvoyer à vos contacts :

L'appel à la journée nationale sans Sarkozy dans les médias

Le manifeste du Rassemblement pour la démocratie à la Télévision
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Lundi 10 septembre 2007

Pardon pour ce titre de peu de goût qui n'en est pas moins aussi imagé que chargé de sens. Car voilà une expression que l'on entend depuis longtemps, comme une promesse ou une menace (c'est selon...). L'élection présidentielle avait remis l'augure au goût du jour, d'aucuns prédisant une rentrée digne des grands mouvements sociaux de 1995. Or, plus de cent jours après, force est de constater que l'agitation médiatico-populiste de Nabot-Léon a jusqu'ici préservé les dorures républicaines de la vindicte d'un peuple encore sous le charme des Ray-Ban présidentielles, et quelque peu démoralisé par un été pourri.

Vendredi 7 septembre, suite à une information publiée par le quotidien La Tribune, le gouvernement jurait sur le drapeau que le sujet des retraites ne serait pas à l'ordre du jour avant 2008. Cette non-information était confirmée par l'Elysée au Nouvel Observateur. "ces rumeurs sont stupéfiantes !" s'est même écrié un "proche du dossier". L'information était pourtant exacte.
Démasqués, les stratèges de l'Elysée, se souvenant soudain que les grêves de 1995 avaient été déclenchées (déjà) par une tentative de réforme des régimes de retraite sans concertation (par un certain Alain Juppé, précisent les historiens) opèrent un changement de cap formidable : un conseiller du palais est dépêché à Matignon pour  souffler la bonne parole à l'oreille du premier ministre (qui n'a plus grand chose de premier). Ce dernier, le petit doigt sur la couture de sa lettre de mission, s'attache aussitôt à colporter la grande nouvelle : la réforme des retraites est bouclée, j'attends l'ordre du président de la république, déclare-t-il en substance. Sur Canal Plus, il précise "Quand le président choisira de déclencher cette réforme, on entamera immédiatement les négociations avec les partenaires sociaux", précisant aussitôt que la dite réforme pourrait "être réalisée dans les prochains mois", soit par une loi, soit par un décret.

Voilà tout le secret de l'accession au trône élyséen résumé dans cette formule : dire tout, dire n'importe quoi,  rajouter son contraire, prendre le ton ferme et décidé d'un filou professionnel et manipulateur, et ça passe ! Je ne résiste pas à l'envie de vous citer cet échange relevé dans le livre de yasmina Reza (que je n'ai pas encore fini, oui, je sais, je prend mon temps, mais que voulez-vous, il est assez pénible à lire...) :
Nicolas : (répétant une phrase de son discours de Bercy :) Entre Jules Ferry et 68, ils ont choisi 68... Bon, c'est limite mauvaise foi...
Y. :           Je suis contente de te l'entendre dire...
Nicolas :  (il rit) Oui. C'est même terrifiant de mauvaise foi, mais enfin, il faut y aller !
Tout est là. Les hénaurmes mensonges qui passent d'autant mieux qu'ils sont improbables. C'est comme dans l'émission "surprises sur prise" : plus c'est gros, plus c'est crédible.

Pour en revenir à l'annonce de François Fillon, que faut-il en retenir ? Comme promis, le gouvernement va inviter les partenaires sociaux à dialoguer pour résoudre le problème. Mais la loi est déjà prête, il ne manque plus que l'apposition du doigt de dieu pour la faire vivre ! C'est une formidable leçon de démocratie où la négociation ne sert que de cache-misère républicain, et dans laquelle le dialogue se déroule avec le canon sur la tempe. Les détracteurs du petit Nicolas ont souvent évoqué sa "brutalité". On la voit ici à l'oeuvre.

Pourtant, à force de se faire brutaliser, les petites gens pourraient bien regimber. Certes, les syndicats et autres opposants politiques jouent à merveille le rôle de l'indignation qu'ils répètent mezza vocce depuis trop longtemps, mais le gouvernement leur donne enfin l'occasion qu'ils attendaient depuis le 6 mai dernier : un vrai sujet de discorde nationale. Il faut bien dire que jusqu'ici, on les a fort peu entendu sur les événements de l'été : les expulsions de sans-papiers, les textes passés en douce au coeur du mois d'août (les franchises médicales), les vacances présidentielles payées par des capitaines d'industrie, etc. Avec les retraites, les syndicats et les partis de gauche tiennent un vrai sujet de combat dans lequel ils ne risquent pas (ou moins) de perdre du crédit. Rajoutez que les français viennent de recevoir leur feuille d'impôt... on comprend que tous les éléments sont réunis pour l'organisation d'un beau combat.
Ainsi, la stratégie de l'opposition est claire : le gouvernement montre ses muscles, les syndicats montrent les dents. Ce matin sur Fance Inter, François Chérèque, patron de la CFDT, a pronncé les mots "conflit majeur", Jean-Claude mailly, de Force Ouvrière, déclare qu' "il faut s'attendre à des réactions". Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, estime qu'il est nécessaire de "répondre présent, dans la rue, dans les mobilisations" face à ce qu'il considère comme une "déclaration de guerre". Quant à François Hollande, il s'est déclaré attentif à la question. Houlala, attention, branle-bas de combat au PS, ça bouge encore !

Le moment de l'affrontement est peut-être arrivé. Les combattants en sont encore aux tentatives d'intimidation, faisant démonstration de leurs muscles (surtout la langue pour l'instant...), mais avec un tel sujet, la température pourrait rapidement monter de plusieurs degrés et une petite étincelle embraser la poudrière sociale.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Samedi 1 septembre 2007

Il devient de plus en plus évident que notre société tend vers une nord-américanisation qui ne laisse rien augurer d'agréable. Empire déclinant s'il en est, en pleine décadence sociale, économique et philisophique, les Etats-Unis d'Amérique, qui ont, on le sait, une quinzaine d'années d'avance sur l'Europe, nous montrent notre propre futur proche. Prenez la crise économique du mois d'août : seule une intervention massive des banques centrales a pu sauver (provisoirement) les banquiers boursicoteurs qui jusqu'alors se faisaient de l'argent facile sur le dos des ménages américains. Le principe de non-intervention si cher à ces libéraux de l'extrême en a pris un coup dans l'aile, et on mesure tout le cynisme du discours : laissez-moi gagner un "max de thune" en temps normal, et renflouez-moi sans tarder dès que, tel le cyclone Dean, la tempête boursière se pointe à l'horizon (oui, les banquiers n'ont pas toujours un langage très relevé).
Prenez encore le succès grandissant du créationnisme : voilà la plus grande régression philosophique depuis les Lumières, menée tambour (de guerre) battant par l'ex-alcoolique repenti de la Maison Blanche. Progresser vers un nouvel obscurantisme, voilà une idée du XXIe siècle !

Nabot-Léon, que certains, cet été, ont qualifié de "caniche de Bush", vit dans l'imagerie grotesque du mythe américain et des grands espaces synonymes de liberté, cette fantasmagorie affligeante censée cacher au peuple le déclin de sa civilisation. C'est aussi grotesque qu'effroyable, car le mouvement semble inexorable : l'Histoire est un éternel recommencement.
Nous voilà donc avec une société assurée d'extinction par implosion, et que notre bling-bling président (selon l'expression consacrée par le journal Marianne) a décidé de prendre pour modèle. Et chaque jour, il s'applique, besogneux, à prendre des mesures qui accélèrent notre propre déchéance sociale, comme s'il fallait donner au grand frère d'outre-atlantique les gages de notre soumission.

Chez nous aussi, les indices sont légion sur la décadence en cours. L'exemple suivant est des plus édifiants : vendredi soir, la première chaîne de télévision française nous a gratifié d'un programme exceptionnel : en prime-time, Koh-Lanta, l'émission qui révèle le sado-masochisme qui sommeille en chaque être humain (oui, mais sous les tropiques, s'il vous plaît !) avec notamment une épreuve qui n'était pas sans rappeler la scène de la crucifixion, suivi de la finale de Secret Story, l'émission qui fait douter que l'homme ait jamais été un être intelligent.
Voyez aussi comment, depuis le début de l'été, tous les médias tentent de faire "monter la sauce" de la prochaine coupe du monde de rugby. Sur France-Inter, une radio par ailleurs tout à fait écoutable, une chronique matinale a été quotidiennement consacrée aux petites histoires du quinze de France tout l'été, et ce n'est pas fini. Toutes les grandes entreprises arborent les logos de sponsor officiel, fournisseur officiel, truc-machin officiel. Quoi ? Tu n'es pas supporter officiel de la coupe du monde de rugby ? Oh l'autre, hé, le ringard ! En plus, Berrnard Laporte va devenir ministre après la coupe du monde, c'est trop fort !
Il faut reconnaître que le foot propose un si piètre spectacle que les revenus sonnants et trébuchants liés à l'activité sportive des porteurs de pub sur pattes commencent à stagner et qu'il est grand temps, pour tous les amoureux de la ronde baballe (publicitaires, financiers, blanchisseurs, responsables de médias, nababs des fédérations...) de chercher de nouveaux terrains de jeux. Chacun sent confusément que le gavage de ses comptes en banque commence à se voir et qu'il serait peut-être temps de se diversifier. Le rugby, qui est devenu un vrai sport professionnel, fait parfaitement l'affaire. Doté d'une image de terroir qui fleure bon l'authentique (du marketing pur et dur, mais à côté du foot, tout semble authentique), c'est la nouvelle poule aux oeufs d'or. Des jeux comme les aiment le populo urbain en manque de racines, dans la même mouvance, par exemple, que la mode de la pétanque chez les bobos parisiens. Bref, nous allons manger du ballon ovale matin, midi et soir, par les yeux et par les oreilles, à grands coups "d'écoles de courage", de "guerriers pacifiques", tout un blabla matraqué par des manipulateurs professionnels qui se découvriront pour l'occasion un authentique accent rocailleux du Sud-Ouest certifié bio. Que ceux qui ont depuis quelques temps des nausées se rassurent, ce n'est que leur inconscient qui se rebiffe.Quant aux autres, espérons qu'il ne soit pas trop tard.

Autre chose : il paraît que le chômage baisse. Si, si. Bon d'accord, le nombre de RMIstes augmente, le nombre de travailleurs pauvres augmente, le nombre de radiations des listes de l'ANPE augmente, mais ne boudons pas notre plaisir : le chômage baisse ! Formidable, non ? En plus, tout est fait pour que le pouvoir d'achat augmente. Avez-vous pris toute la mesure de cette nouvelle claironnée dans tous les médias il y a deux jours : les grandes enseignes de la distribution se sont engagées à vendre une trentaine de fournitures scolaires au même prix que l'an dernier ou à prix coûtant. Bon, d'accord, le prix du pain explose, le prix de l'electricité grimpe en flèche, les riches paient de moins en moins d'impôts, mais ne boudons pas notre plaisir : le prix du cahier de musique reste stable cette année !

Le gouvernement s'y est fermement engagé : il va se battre pour le pouvoir d'achat. Du pain et des jeux : et si ce n'était pas le déclin de l'empire américain qui nous attend, mais celui de l'empire romain ?
publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Samedi 25 août 2007

Malgré ma relative absence de ces dernières semaines, les lecteurs et les lectrices du présent blog restent vigilants et je les en remercie. Suite à l'article C'est encore l'été, n'est-ce pas ? Cam a laissé un commentaire contenant un lien vers un article de 20minutes.fr  qui fait froid dans le dos.

Vous vous souvenez sans doute que le pas encore président Sarkozy s'était rendu, alors qu'il était le boss de la maison Poulet, sur la dalle d'Argenteuil et qu'il avait aboyé, tel un roquet hargneux, sa fameuse phrase su les "racailles" à "nettoyer au kärcher".
N'ayant apparemment pas trouvé de Kärcher au Kiloutou du coin, le maire UMP de la ville, Georges Mothron, a imaginé une autre solution pour nettoyer sa cité des SDF : le gazage. Un agent municipal témoigne : "Un carton de produits répulsifs a été acheté en juillet. Les agents de la voirie devaient le diffuser dans le centre, où il y a des SDF, que la police municipale devait préalablement éloigner". L'emballage de ce produit, appelé "Malodore" signale qu'il est "toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer", précise cet agent. Du coup, les employés municipaux ont refusé de le répandre, expliquant qu'ils veulent bien "chasser des rats, mais pas des SDF". Finalement, ce sont les agents d'entretien du centre commercial qui ont été chargés de la besogne.
Le maire est quelque peu obsédé par les SDF. Chaque année, il prend des arrêtés anti-mendicité. Contacté par l'AFP, son cabinet n'a, selon la formule habituelle, pas souhaité réagir.

Le fabricant du produit, Firchim, a indiqué que le produit n'était pas dangereux (on imagine mal le contraire...). Il diffuse néanmoins "une rémanence nauséabonde pendant plusieurs semaines. On l'utilise normalement pour éviter que des gens en état d'ébriété ne stationnent près d'endroits dangereux, sous les ponts ou près des routes". Et de préciser que plusieurs communes figurent sur la liste de ses clients.
tiger-argenteuil.png
Le maire, que l'on voit ici sur une photo prise en 2003, tente peut-être de venger l'affront subi par son ex-chef de parti lors de sa visite mémorable sur la dalle d'Argenteuil. Décomplexé par la politique menée au plus niveau de l'État, il pense sans doute qu'un petit excès de zèle lui sera tôt ou tard profitable. Le pire, c'est que cela pourrait effectivement fonctionner.


L'article de 20mintes.fr est à lire ici.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Dimanche 12 août 2007

Suite à la tragédie d'Amiens, au cours de laquelle le petit Ivan avait fait une chute de quatre étages, le sinistre de l'identité nationale, Brice Hortefeux, a demandé au préfet de la Somme d'accorder six mois d'autorisation de séjour "à titre humanitaire" à ses clandestins de parents. Pas vraiment du répit pour André et Natalia, qui vont passer plusieurs semaines à l'hôpital à regarder leur fils sortir lentement du coma. Selon l'hôpital, "il faudra attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour évaluer les éventuelles séquelles".

La mansuétude du sbire sarkozien est à la mesure de l'ignominie de sa politique de nettoyage. Je l'imagine, sous les dorures de la République, expliquer à ses collaborateurs que non, on ne peut pas accorder des papiers à ces gens-là sous prétexte que leur fils a eu un accident, car ce serait la porte ouverte à tous les abus. Imaginez que tous les sans-papiers se mettent à défenestrer leur progéniture pour avoir une carte d'identité ! Alors, six mois, c'est bien, ça permet de nous préparer à les expulser le 11 février prochain. Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas. Et le terme "humanitaire", qui ne manquera pas d'être repris par les journaux, montrera à nos électeurs que nous avons un coeur.

Reste que, dans Libération, l'éditorialiste Laurent Joffrin rappelle que, alors qu'il était encore ministre de l'intérieur, le futur Nabot-Léon avait plus que doublé les objectifs de reconduite à la frontière, faisant passer les chiffres de 12000 à 25000 par an. De fait, les préfets n'hésitent plus à laisser faire, voire à encourager les pratiques telles que celle qui a entraîné la drame d'Ivan : des policiers qui viennent cueillir des clandestins à leur domicile ou à la sortie des écoles. Le système est même organisé au niveau des administrations. Malgré les démentis d'Hortefeux et de son directeur adjoint de cabinet Guillaume Larrivé, la police a reçu, en Ile-de-France, une circulaire préfectorale précisant les modalités "d’exécution des mesures d’éloignement" des sans-papiers. "Vous avez reçu ou vous recevrez des listes d’étrangers en situation irrégulière" précise la circulaire. Diffusée début juillet, le document avait été publié par Libération.

Pour Brigitte Weiser, membre du Réseau Education Sans Frontières (RESF), "Cela ressemble à l’organisation d’une rafle. On part d’un fichier, et l’on va chercher les gens où l’on est sûr de les trouver". Jean-Pierre Fournier, également de RESF, analyse que "le fond de cette lettre est terrible, parce qu’on y voit noir sur blanc une mécanique finir de se mettre en place". Et de préciser que le dispositif prévoit "de faire inscrire l’étranger au fichier des personnes recherchées". Aux côtés des délinquants.

Douce France...
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Vendredi 10 août 2007

Pendant que Nabot-Léon décidait de retourner au TRAVAIL et de quitter quelques jours sa FAMILLE pour assister aux obsèques de feu le tôlier de Notre-Dame de Paris sous les caméras de la sainte PATRIE, sa police continuait à faire du zèle pour atteindre ses objectifs d'arrestations de clandestins. Dans Libération, on lit le récit de Natalia, mère du petit Ivan, qui raconte comment, jeudi dernier,  la police a tambouriné près d'un quart d'heure à sa porte, manquant de la défoncer, alors que le garçon terrorisé pleurait, s'accrochait à sa mère, et pendant qu'Andreï, le père, tentait de s'échapper par la fenêtre de leur appartement du quatrième étage. Quand le bruit d'une perceuse attaquant la porte a retenti, le petit Ivan, terrorisé, a tenté de rejoindre son père. Quelques instants plus tard, il atterrissait quatre étages plus bas, victime d'un traumatisme crânien et de plusieurs lésions cérébrales. Son pronostic vital est "engagé", a indiqué le procureur d'Amiens.
La semaine avait mal débuté pour cette famille. Lundi, la mère avait été convoquée au commissariat, où on lui avait remis une autre convocation pour le lendemain, sans plus d'explication. Les joies d'une administration qui se préparait sans doute à les cueillir le lendemain pour les fourrer dans un avion sans autre forme de procès. Or, la famille devait passer devant le tribunal administratif en septembre prochain. Sentant venir l'expulsion, ils ne se sont pas présentés à la convocation du mardi. Jeudi matin, au petit jour, la police, sur ordre du procureur d'Amiens, Patrick Beau, tambourinait donc à la porte de leur appartement.

Où s'arrêtera cette politique de l'État largement inspirée de populisme et "d'identité nationale" (l'expression "préférence nationale" était déjà prise) ? Selon Michel Tubiana, président d'honneur de la ligue des droits de l'homme, interrogé par le Nouvel Observateur, la situation est grave : "La situation est [...] pire aujourd'hui [que sous le gouvernement précédent] car la logique détestable de la répression est accolée à une politique d'identité nationale". Et d'ajouter "Nous sommes aujourd'hui dans une situation de xénophobie d'Etat". On ne saurait être plus clair, cependant, il ajoute, pour ceux qui auraient vraiment du mal à comprendre : "nous avons un jeune garçon qui est entre la vie et la mort à cause d'une procédure. Il est inévitable que la politique du gouvernement engendre de tels drames". Puis il conclut, pour que cela soit bien clair : "Il faut absolument que les autorités prennent une bouffée d'éthique".

Voeu pieux s'il en est. Car pendant que quelques honnêtes gens s'indignent dans le vide intersidéral du mois d'août, où seule la disparition d'un archevêque est capable d'interrompre les vacances de milliaraire du président de l'encore République Française, la machine à broyer du clandestin continue inexorablement à faire tourner le compteur des résultats. Les petits rouages de l'administration sont à l'oeuvre pour atteindre les objectifs assignés par Sarkozy à ses préfets. Libération dresse la chronique d'une journée ordinaire au tribunal administratif de Paris. Aujourd'hui, vendredi 10 août 2007, " le tribunal administratif a été particulièrement sévère. Sur les douze recours étudiés dans la matinée, dix ont donnés lieu à refus". L'article cite Camille, une membre de RESF (Réseau Education Sans Frontière) qui donne deux exemples : "Un papa expulsé avec un bébé de dix jours. Une maman qui doit abandonner sa petite fille rentrant à la maternelle pour rejoindre la frontière...." Caroline, autre bénévole à RESF, témoigne qu' "en deux semaines, dans le même quartier à Paris, dans le 10e arrondissement, là où Sarkozy avait son QG de campagne, j'ai été témoin, en tant que simple passante, de trois arrestations en plein jour".

Ivan, le jeune garçon qui lutte contre la mort à l'hôpital d'Amiens, était scolarisé en 6ème et avait 16/20 de moyenne. S'il survit à sa chute et qu'il est expulsé, s'il survit à son retour en Tchétchénie, s'il continue à avoir de bonnes notes, il pourra toujours tenter de faire partie des quotas d'immigration choisie pour revenir en France. Un avenir en tant de si...
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mercredi 8 août 2007

S'il fallait une nouvelle raison d'être sûr que la politique de nabot-Léon est répugnante, la nouvelle qui suit devrait achever de convaincre ceux qui accordent encore du crédit au mari de l'ex-femme de Jacques Martin. Ce dernier vient en effet de recevoir un satisfecit du nauséabond Le Pen. Surfant sur l'actualité, essayant de s'agiter pour exister encore un peu, le vieux monocle breton a déclaré hier sur RTL que "chacune de ses actions est [...] assez bien réalisée", regrettant toutefois qu'il n'aille pas plus au fond des choses.
Bien sûr, il faut faire la part des choses. Avec Sarkozy qui lui a piqué ses techniques médiatiques, Le Pen tente de tirer un peu la couverture à lui, sans plus faire illusion. Il n'empêche que l'angle qu'il a choisi pour tenter de faire parler de lui est symptomatique de la stratégie sarkozienne. Le Pen, ce n'est ni Mireille Matthieu, ni Faudel, ni Enrico Macias. Un has-been, certes, mais toujours venimeux. La bête immonde bouge encore, peut-être même a-t-elle  trouvé avec Sarkozy une nouvelle jeunesse.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander

Bienvenue

Visiteurs

Il y a actuellement  5  promeneur(s) sur ce blog

Rechercher

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Jour après jour...

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Référencement

Add to Google



Votez Tiger !
blog scientifique sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus