Samedi 26 janvier 2008

Ne regardant pas trop la télévision, je ne saurais dire si cette nouvelle a été médiatisée comme il se devrait. En tous cas, ce matin, rien sur France-Info. Pourtant, l'affaire est énorme, puisque nabot-léon, par l'entremise de son porte-flingue en jupons, la psychorigide ministresse de l'intérieur Alliot-Marie, a décidé de s'attaquer à la laïcité et à la loi de 1905. Egalement ministresse des cultes, et sous couvert de "modernisation", la successeuse de Sarkozy a présenté le 24 janvier ses projets de réaménagement de la loi sur la séparation de l'église et de l'état.
Depuis son intronisation à Latran, puis avec le discours de Ryad, on a bien compris que le mini-président se prenait pour le roi soleil directement élu par le ciel pour reprendre en main la fille aînée de l'église. Sauf qu'à cause du trou de la couche d'ozone, l'élu a du recevoir un peu trop de radiations célestes.
Les conséquences sur les fondements de la société française sont terribles. Après Guy Möquet, Jaurès, Blum, Sarkozy continue à remonter le temps. Françaises, français, le Moyen-Âge n'est plus loin.

Au-delà de l'idéologie, et comme il s'agit de Sarkozy, il convient de parler d'argent : Alliot-Marie propose en autres de revenir sur l'oppostion entre le "culturel" et le "cultuel". Il semble que le président ait le culte entre deux R... Depuis la loi de 1905, les associations cultuelles ne peuvent pas recevoir de subventions publiques, et c'est cette séparation qui, selon Alliot-Marie (comprenez Sarkozy) "mérite sans doute d'être revue".
Le risque est que des sectes profitent de l'aubaine pour bénéficier de l'argent public. Interrogée sur cette possibilité, la ministresse répond que "nous avons probablement besoin de repréciser ce que sont les dérives sectaires et leurs qualifications pénales". Excellent exercice de langue de bois : si cette phrase laisse sous-entendre (aux crédules qui veulent y croire) que le pouvoir va resserrer et préciser les critères qui définissent les sectes, elle peut aussi signifier que certains mouvements seront mieux considérés que d'autres. Au hasard : la scientologie. Ça tombe bien : l'illuminé de l'Elysée est très favorable à cette secte, considérée dans le merveilleux pays de son copain et modèle Georges Bush comme une véritable religion . Mais là encore, le petit nicolas à de l'ambition : Bush est proche des évangélistes (dieu l'a sorti de l'alcool ; si ça c'est pas un miracle !),  lui aura la scientologie. Déjà, alors qu'il n'était que ministre de l'intérieur, puis du budget, puis de l'intérieur (!), il avait cédé aux pressions de la grande secte, comme le rappelle ce reportage diffusé en 2005 sur Canal Plus :




On peut s'attendre à ce qu'une partie des impôts finance prochainement le pouvoir d'achat de quelques églises et des grandes sectes. Ami chômeur, camarade RMIste, si tu veux manger : convertis-toi !
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mercredi 23 janvier 2008

Voilà une nouvelle qui m'avait échappé. Je l'ai trouvée par hasard sur le site de l'hebdomadaire Marianne : au cours de sa moisson de VIP qui a fait suite à son élection, nabot-léon a tenté d'acheter Yannick Noah, comme il l'a fait avec tant d'autres. C'est gonflé, car l'ex tennisman chanteur avait largement pris parti pour Ségolène Royal au cours de la campagne présidentielle, allant jusqu'à déclarer qu'il quitterait la France si Sarkozy était élu.

Au cours d'un concert au Zénith de Paris, Yannick Noah reçoit dans sa loge quelques envoyés du président qui lui proposent un concert au champ de Mars (au pied de la tour Eiffel, donc) pour le 14 juillet., contre une belle somme d'argent pour son association Fête le mur. (et bien sûr pour une belle photo de propagande en compagnie du petit président, mais ça n'est pas dit explicitement). En plaisantant, l'artiste explique qu'il acceptera si la somme proposée est multipliée par quatre. Mais "l'entourage présidentiel" ne comprend pas les blagues et est opaque au deuxième degré. Le lendemain, Yannick Noah apprend que sa proposition a été acceptée. Visiblement, une image de Sarkozy triomphant n'a pas de prix, et l'argent ne semble pas être un problème à l'Elysée. Bien entendu, Noah refuse.
(A ce stade du récit, j'ôte mes pattes du clavier et je me délecte en imaginant la tête des encostumés élyséens qui viennent de se faire cocufier par un grand noir... comme quoi on est toujours le cocu de quelqu'un : de Noah, de Kadfhafi, de Carla...).


Curieusement, cette information n'a pas fait le tour des médias (alors qu'elle a assurément fait le tour des rédactions...).

Marianne a trouvé cette info sur le site du Journal du Dimanche, qui avait interviewé Yannick Noah au Zénith de Paris (encore) le 23 décembre dernier. Le chanteur y avait semé quelques phrases sans concession. Extraits :
"Mon grand-père m'a toujours dit: "Jamais tu ne t'abaisses, jamais tu ne manges dans la main de quelqu'un." Je préfère être à ma place qu'à celle de Doc Gynéco [...]"
"Je n'allais pas faire une photo avec Sarkozy simplement pour ramener du fric à mon association. Maintenant, j'attends la suite. Les contrôles fiscaux, j'en ai tout le temps, alors ce ne sera pas un problème. Je suis prêt à toutes les formes de pression. Qu'est-ce que je risque? Bouffer du riz tous les jours? Ça va, je sais faire."

Rappel : Yannick Noah a détrôné le coup-de-bouleur Zidane à la première place du classement des personnalités préférées des français. Finalement, il reste peut-être de l'espoir dans ce pays.




par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mardi 22 janvier 2008

Les caricaturistes et autres humoristes  sont notre bonne conscience. Le phénomène est à double tranchant, car leur discours risque de nous dédouaner de toute réflexion. Cependant, il reste délicat d'évaluer l'influence de ces humoristes, et bien malin celui qui pourra prouver que les Guignols ont fait élire jacques Chirac, comme il est d'usage de l'affirmer (encore que l'humour populiste de Laurent Gerra ne peut avoir que des conséquences nocives sur le psychisme d'un électeur lambda).

Mais trève de sérieux, ne boudons pas notre plaisir : quand c'est drôle, c'est drôle.




Savez-vous comment est née l'expression "la droite cassoulet : une petite saucisse avec plein de fayots autour" ? L'explication de Bernard Mabille :




Et puisqu'Anne Roumanoff est décidément très drôle et qu'elle fait mouche à chaque coup, en voici encore :

par Tiger publié dans : boîte à images
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Vendredi 18 janvier 2008

Si vous ne connaissez pas l'excellent Philippe Katerine,  tant pis pour vous.  Auteur, compositeur, interprète, mais aussi acteur ou réalisateur à ses heures gagnées,  Katerine est un Artiste salutaire. Pour preuve cette belle chansonnette qui rend hommage au couple présidentiel en posant une question fondamentale : d'où vient la popularité de nabot-léon. Grande question s'il en est...




Merci à Fabien, lecteur récent mais assidu du blog, de m'avoir envoyé cette décharmante virgule musicale.



[MàJ]
Heureusement qu'en face des blogueurs impénitents toujours près à relayer une "info" sans même la vérifier, il reste quelques journalistes qui font leur travail. Le site de l'hebdomadaire Marianne a donc contacté Philippe Katerine pour lui demander s'il était réellement l'auteur de cette parodie. Réponse : non !
Je puise régulièrement des informations sur ce site, mais j'avais loupé celle-ci, et je remercie Adrien de m'avoir laissé un commentaire pour corriger l'erreur.

Cela dit, la parodie est assez réussie.
par Tiger publié dans : mes oreilles leur disent Merci
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Jeudi 17 janvier 2008
L'avant-dernière livraison des Insuccès en spectacle des CowBoys Fringants est disponible au téléchargement. Si vous tombez de la lune, mettez-vous au parfum ici.

Dois-je rappeler que c'est toujours aussi gratuit, et que vous avez toujours le droit de faire un p'tit don de 0,99 dollar canadien par morceau à la fondation Cowboys Fringants qui finance et dirige des projets à vocation écologique ?

Voici le lien pour télécharger directement les morceaux :

14 - Plattsburg
15 - le Hurlot


Pour mémoire, les morceaux précédents se trouvent ici :
par Tiger publié dans : mes oreilles leur disent Merci
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Mardi 15 janvier 2008

Une fois n'est  pas coutume, soyons optimistes.
Il n'y a pas si longtemps, j'évoquais le hold-up sarkozyen sur le NON français au référendum de mai 2005. J'indiquais aussi qu'une certaine gauche (le gauche certaine !) ne désespérait pas d'obtenir un nouveau référendum pour l'adoption du mini-traité imaginé par le mini-président. Ce matin a eu lieu à l'Assemblée Nationale l'examen d'un texte proposé par le Parti Communiste demandant l'organisation d'une nouvelle consultation populaire. Sans surprise, le texte a été rejeté par les députés, mais dans des proportions plutôt encourageantes : 176 voix contre, 140 pour. Du coup, les "ouistes" du PS se retrouvent désavoués par leurs députés.

En 2005, la bataille avait été homérique dans tous les camps, faisant exploser les clivages traditionnels, les communistes se retrouvant à défendre le NON comme le Front National (mais pour des raisons diamétralement opposées) alors que la droite et une partie du PS combattaient pour le OUI (pour des raisons assez proches). Le fracture au sein du PS a laissé des séquelles, et ce parti de centre gauche boite encore, atomisant la première et seule véritable opportunité à ce jour de faire mordre la poussière à la bande à Sarko. Car, sans vouloir remuer le couteau dans la plaie (beurk !), il faut rappeler que, grâce à un sursaut de la gauche aux élections législatives d'après présidentielle, l'UMP n'a pas obtenu son tsunami bleu et n'a pas atteint les trois cinquième des sièges qui leur auraient permis d'avoir les mains entièrement libres. Les atouts sont sonc dans la manche du PS.

L'arrogance Les méthodes de l'Elysée devenant de plus en plus transparentes au fil des mois, la "magie" s'estompe au contact de la réalité, et de plus en plus de cocus français rêvent de faire ravaler sa morgue au nouveau marié de la presse people. De fait, l'espoir renaît chez les "nonistes" qui se rêvent en tombeurs de nabot-léon.

On se prend à espérer que l'opposition se mette à s'opposer, que les mobilisations organisées jusqu'au vote du Congrès (députés et sénateurs) le 4 février prochain à Versailles s'amplifient, et que le point d'orgue des manifestations, le 2 février à la halle Carpentier à Paris, fasse suffisamment de bruit pour faire vaciller le président et provoquer le miracle.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mardi 8 janvier 2008

Je dois vous faire un aveu : je n'ai pas regardé ni écouté la prestation pseudo-gaullienne de nabot-Léon devant la presse internationale. Il y a des jours comme ça où l'on n'a pas envie d'aller au cirque. A la place, j'ai commencé la lecture du premier volume du manuel d'anti-économie de Bernard Maris, un économiste anti-économiste déprimant de lucidité, dont j'avais déjà parlé ici. Rassurez-vous, je me suis rattrapé en lisant comme un affamé les compte-rendus du show présidentiel sur internet. Qu'en ai-je retenu ? En tout premier lieu, que j'ai bien fait de na pas assister à la chose, j'aurais pu attaquer à coups de griffes l'écran même pas plat de mes maîtres.
Sinon ? Qu'  "avec Carla, c'est du sérieux". Ouf ! On avait peur que le coup de "la belle et la bête" ne soit qu'une mystification médiatique de plus. Le roi Talonnette nous rassure, et on le croit. La date du mariage ne sera connue qu'après coup. Donc on ne saura rien. Mais il nous le dit quand même, jetant une croquette aux chiens médiatiques, rien qu'une, histoire de les récompenser de leur fidélité tout en maintenant intact leur appétit.

Et pour ce qui nous intéresse  ?  "S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi?  Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?". Voilà un cri du coeur qui en dit long : le président est impuissant à tenir sa principale promesse électorale. On savoure la suite de l'argumentation : "Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde, d'autant plus absurde que j'étais le seul à en parler". Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je comprends ceci : "je vous ai bourré le mou avec le pouvoir d'achat pendant des mois pour me faire élire, c'était absurde, puisque de toutes façons je ne peux rien faire". Qui lui a glissé du penthotal dans son jus d'orange ?

Le petit Nicolas a abordé de très nombreux sujets au cours de la séance, jen ne vais pas paraphraser les articles que vous pourrez lire tranquillement. En gros, il a promis que maintenant, ça serait mieux qu'avant, parce qu'avant c'était pas bien et qu'il faut tout changer : mort des 35 heures, plein de trucs super chouettes pour l'université, bref, 2008 c'est l'année de la Révolution :

Paris ?
"La situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable. La dureté de la vie que l'on impose à un trop grand nombre de ses habitants, les coûts humains, écologiques, sociaux qu'engendrent ces dysfonctionnements ne sont pas supportables". Heureusement, il y a Neuilly pour compenser.

La Constitution ? "Je souhaite que le préambule de notre Constitution soit complété pour garantir l'égalité de l'homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possible de véritables politiques d'intégration, pour répondre au défi de la bioéthique". C'est beau comme un discours de prétendante à la couronne de Miss France et ça ne mange pas de pain. Et de préciser que "sur les problèmes philosophiques, moraux, éthiques posés par la modernité, notre Constitution soit en avance sur notre temps". C'est vrai qu'en matière d'éthique et de morale, il se pose en modèle. Bling bling.

La croissance ? Conformément à la désormais traditionnelle méthode sarkozyenne, il sera fait appel à des "sommités" chargées de réfléchir. Aujourd'hui, deux prix Nobel sont appelés au chevet de l'économie hexagonale. Voilà qui en jette ! Sauf que, derrière les apparences, il y a la réalité du monde. Ainsi, contrairement aux prix Nobel de chimie et de physique attribués par l'académie royale des sciences de Suède,  au prix Nobel de littérature attribué par l'Académie suédoise, au prix Nobel de la paix attribué par le parlement de Suède, le prix d'économie est attribué par... la banque de Suède ! Ce dernier a été créé avec l'accord de la fondation Nobel très récemment (1968) alors que les vrais prix Nobel existent depuis 1901. Bref, ce que l'on appelle "prix Nobel d'économie" n'en est pas véritablement un. A ce sujet, je vous invite à lire le livre évoqué au début de l'article et qui raconte (entre autres) comment les économistes ont toujours voulu faire de leur discipline une science "dure" en la rapprochant de la physique notamment, histoire que ça fasse "science". Ceci explique cela. Tout ça pour dire qu'une réflexion sur le changement de calcul de la croissance menée par deux gars récompensés par une banque n'est guère de bon augure. Oui, vous avez bien lu : l'idée qui sous-tend la manoeuvre est de "changer notre instrument de mesure de la croissance". Voilà une méthode qui fonctionne, prenons l'exemple du chômage : depuis qu'on ne compte plus les chômeurs de la même façon, il y en a moins. Magique non ? D'où cette brillante idée présidentielle : changeons la mesure de la croissance, avec un peu de chance, elle augmentera ! 

Autre grande idée révolutionnaire : supprimer la publicité des chaînes de télévision publiques. Quel citoyen normalement constitué n'adhérerait pas à cette grande idée, surtout quand elle est emballée dans un grand blabla "d'accès à la culture" et de "favoriser la création" ? Très bien, mais comment alors se financeront les chaînes ? Facile : par une taxe, ou mieux, par plusieurs taxes. Une taxe "
sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées" pour commencer. En gros, les chaînes privées gagneront beaucoup plus et reverseront une petite aumône aux chaînes publiques. Si je vous dis que l'action de TF1, la chaîne de Martin Bouygues, un intime du président, a gagné plus de douze pour cent à la suite de cette annonce , qu'en déduisez-vous ?
Autre taxe pour financer cette grande et généreuse idée : une ponction sur les abonnements internet. Rassuez-vous, elle sera "infinitésimale". Enfin, c'est une taxe quand même. Faire payer le grand public pour que les proprios de TF1 arrondissent leurs fins de mois, est-ce bien "éthique" ? Et, en passant, le prix d'une montre Rolex est-il infinitésimal dans un budget présidentiel ?

Dernier enseignement que je retiens de ce grand raout mondain : le président est un menteur et un effronté. Je n'invente rien. Tout le monde le sait. Cette fois, c'est Libération qui en apporte la preuve.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Jeudi 3 janvier 2008

Au lendemain de la grande goberge du nouvel an, les gueules de bois sont légion. Ce ne sont pas les bulles de champagne qui font durer le plaisir sous les crânes, mais bien la fumeuse verbiosité du pacs Sarkozy-Guaino dont les plus attentifs se torturent à comprendre la teneur. Quant aux plus cultivés, ils se demandent quelle mouche a piqué le plumitif élyséen en lui faisant plagier une expression d'Edgar Morin. Sans doute la même mouche qui l'avait, au cours de la campagne présidentielle, incité à citer Jaurès et Blum. Guaino victime d'une mouche facétieuse, ceci explique cela.

L'expression en question est la fameuse "politique de civilisation", seule surprise d'une intervention annoncée comme inattendue, et qui fut d'un classicisme décevant, jusque dans un pathétique "chers compatriotes" so chiraquien. Edgar Morin, philosophe et sociologue, a consacré sa vie à réfléchir sur le fonctionnement de la société, a abordé de nombreux thèmes et développé des concepts qui font référence. Dans une interview accordée au journal Le Monde, il s'étonne de voir son concept repris entre les cacahuètes et la dinde aux marrons au détour d'une opération de communication télévisée. Comme il est un homme bien élevé, il se contente de s'interroger sur la sincérité du propos : "Je ne peux exclure que M. Sarkozy réoriente sa politique dans ce sens", déclare-t-il, en précisant, pas dupe : "mais il ne l'a pas montré jusqu'à présent et n'en donne aucun signe".
Le journal catholique La Croix rappelle que l'expression "politique de civilisation" est apparue en décembre 1995 "dans le contexte du mouvement social contre la réforme Juppé". Edgar Morin,dont les idées sont "plus keynesiennes que libérales", théorisera et complètera le concept en 1997 dans un livre co-écrit avec le politologue Sami Naïr et justement intitulé Pour une politique de civilisation. Et La Croix de rappeler que le plagieur Guaino avait déjà recyclé l'expression devant un groupe de supporters séguinistes (oui, il y en a eu). Diable, un récidiviste ! A quand les peines plancher ?

Dans son blog, Pierre Assouline a beau tourner et retourner l'expression dans tous les sens, il reste sur sa faim : "Il est urgent que le chef de l’Etat nous en dise davantage" implore-t-il. Dépité, il évoque l'autre actualité de Nabot-Léon, à savoir sa casquette de chanoine de l'abbaye de Latran.
Et si, en disant "politique de civilisation", le  pseudo-ecclésiastique président français avait pensé guerre de civilisation ? A l'image d'un Georges Bush sauvé de son alcoolisme par le tout-puissant et prompt à vouloir répandre la parole divine à grands coups de dommages collatéraux, Nabot-Léon se sent peut-être investi d'une divine mission d'évangélisation. Car il faut prendre au sérieux les gesticulations pontificales du représentant de l'Etat français. L'épisode de latran et la visite à Rome ne sont pas que du folklore. Assouline évoque l'interview de Christian Terras, responsable du journal catholique Golias, publiée sur le site Contre-journal. Terras y analyse le rapport à la religion de Sarkozy, et explique notamment que jamais depuis l'instauration de la laïcité en France en 1905 un président de la République ne s'était permis les ostentatoires postures religieuses que met en scène ce dernier. Le discours sarkozyen, aux relents moyen-âgeux, recycle les idées de Le Pen et de Maurras avant lui.

Il sera bientôt temps de crier au loup.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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