Ces clowns-là ne sont pas drôles. En cette année d'élections particulièrement (dé)structurante pour l'avenir du pays, la rupture est déjà consommée : on nous l'a dit et répété, finie la France
de la tête de veau, voici la France des vacances en yacht et des joggings-qui-font-jeun's en tee-shirt de la police de New-York. A l'approche des élections législatives, les troupes d'élite de
notre Georges Bouche à nous prennent position. Aujourd'hui : Patrick Balkany
Avec Monsieur Balkany, on entre dans le grandiose. A la fin ds années 1970, Levallois-Perret est une ville ouvrière tenue par le Parti Communiste. Après une première claque électorale à Auxerre
lors des législatives de 1978, Balkany débarque dans ce bastion rouge... pour prendre une seconde claque aux législatives de 1981. L'année d'après, il remporte les cantonales et se retrouve
Vice-président du Conseil Général des Hauts-de-Seine (Pasqua, Sarkozy, ça vous rappelle quelque chose ?). En 1983, il gagne dès le premier tour les élections municipales, et entreprend de faire
de sa commune une banlieue chic, à l'instar de Neuilly (dont le maire est son ami Nicolas Sarkozy) et du XVIIe arrondissement de Paris voisins. Là, il profite de sa position pour faire
rémunérer par la mairie trois faux employés municipaux qui travaillent à plein temps chez lui à Levallois et dans sa résidence secondaire près de Giverny.
En 1995, il roule pour Edouard Balladur. Dommage pour lui, c'est Jacques Chirac qui gagne l'Elysée. Quelques mois plus tard, Balkany perd sa mairie au profit du chiraquien Olivier de
Chazeaux.
En mai 1996, il est condamné pour l'affaire de ses faux employés municipaux à 200 000 francs d'amende, quinze mois de prison avec sursis et deux ans d'inégibilité. Cette peine sera confirmée en
appel le 30 janvier 1997.
En 1997 encore, il est publiquement accusé par sa maîtresse de l'avoir forcée à certaines pratiques sexuelles sous la menace d'un gros flingue, mais il n'y aura aucune suite judiciaire à cette
accusation.
Il fuit et part s'installer sur la très chic et très jet-set île de Saint Martin, dans les Caraïbes. A l'occasion, il y reçoit quelques amis, dont le chanteur suisse Johnny Hallyday. Il y sera
"retrouvé" au bout de plusieurs mois par l'hebdomadaire L'Express au détour de l'affaire Schuller, du nom
d'un ex-ami de Balkany, Didier Schuller, réfugié, lui, aux Bahamas.
En 1999, la Chambre Régionale des Comptes condamne Balkany à rembourser la ville de Levallois pour les sommes liées aux trois emplois fictifs. Il doit rembourser 523 897,96 euros. Dans cette
affaire, sa femme Isabelle, avec qui il est alors en instance de divorce, est condamnée à la même peine de prison pour prise illégale d'intérêts.
En 2001, il se présente à nouveau à la mairie de Levallois contre le candidat sortant soutenu par le RPR et l'UDF et récupère son siège de maire au premier tour. Le tribunal administratif juge
cette élection illégale, décision confirmée par le Conseil d'Etat le 29 juillet 2002. L'élection est annulée, un nouveau scrutin est organisée le 22 septembre. Balkany, à nouveau éligible, se
présente et gagne à nouveau dès le premier tour, améliorant même son score de 2001!
En juin 2002, il gagne la législative et devient député de la République.
Lors des cantonales de 2004, sa femme est élue conseillère générale et redevient vice-présidente du Conseil Général des Hauts de Seine dont le président est alors un certain Nicolas
Sarkozy.
Madame Balkany est aussi première adjointe de son maire de mari, et ce n'est pas par hasard : Monsieur, ayant été reconnu par la justice comptable de fait dans l'affaire des faux
employés, ne peut pas gérer les comptes de la ville dont il est maire. C'est donc Madame qui s'en charge...
Lorsque les juges ont condamné Balkany à rembourser sa dette auprès de la municipalité, ils ont également calculé des intérêts, ceux-ci continuant à courir tant que le remboursement n'avait pas
été effectué. Balkany a remboursé la ville en étalant les paiements entre 2000 et 2006, mais il n'a pas remboursé les intérêts, soit 230 865,57 euros. Et il ne les remboursera peut-être jamais
: il a fait voter par le Conseil Municipal de Levallois une
"remise gracieuse" de cette dette. Il ne reste plus qu'à obtenir l'aval du Minstère des Finances.
On pourrait écrire des pages et des pages sur le système Balkany. L'Express en a d'ailleurs publié un dossier très
instructif. Cependant, toute cette littérature ne rend pas hommage à la grandeur du personnage. Pour en comprendre toute l'ampleur, rien de mieux que de visionner la vidéo qui suit. Balkany
croit être interviewé par une chaîne de télévision américaine. En réalité, l'opération est montée par les Yes-Men pour Canal +.
Une petite devinette, pour finir : Quel invité un peu particulier était présent à l'Elysées lors de la cérémonie de prise de fonction de Nabot-Léon ?
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