Vendredi 27 juillet 2007
Non content de se prendre pour l'empereur des Français, voilà que nabot-Léon, jamais en manque d'une surenchère, est allé donner aux étudiants de Dakar une leçon de civilisation. Il a leur expliqué en substance que le paysan sénégalais vivait encore comme au Moyen-Âge. Il "vit avec les saisons" et "ne connaît que
l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes". "Jamais il ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour
s’inventer" a-t-il expliqué aux étudiants éberlués, qui n'ont pas manqué d'afficher des visages mi incrédules, mi outragés en sortant de l'amphithéâtre bondé. Sarkozy a donc eu le culot de
continuer sa tournée africaine comme un missionnaire, avec ses discours et ses affirmations bien scotchés sur son écusson de chevalier blanc. Et d'asséner sans sourciller des images d'Epinal bien
senties. Imaginez Georges Bush déclarant à la Sorbonne que le français moyen, avec sa baguette sous le bras et son bérêt sur la tête, vit dans de très mignons villages dans lesquels il passe son
temps à boire du vin rouge, labourer les champs avec les tracteurs du plan Marshall et mâcher des chewing-gums donnés par les GI's à la libération. Ça aurait de la classe, non ?
Notre président n'a pas fait autre chose à Dakar, se ridiculisant et provoquant la colère de tous les commentateurs sénégalais, humiliés par le discours d'un donneur de leçon qui ne connaît pas son sujet.
Mais sans doute l'essentiel est-il ailleurs. Cette affaire aura le mérite de faire parler du président français, encore et toujours. Sa stratégie d'omniprésence dans les médias s'accomode fort bien de ce genre de considérations. Justement, parlons un peu des médias. Pour s'assurer que sa tournée africaine serait correctement couverte par nos si indépendants journalistes que le monde entier nous envie, la présidence française va tout simplement prendre en charge l'ensemble des dépenses de nos Tintin reporters bleu-blanc-rouge. Pour trouver cette info, inutile de lire la presse française ! Il faut traverser la Méditerrannée et aller la chercher soi-même sur le continent noir : le quotidien sénégalais l'as.sn nous apprend que "Sarkozy a affrété un vol spécial à cent journalistes" pour suivre son périple. A Dakar, les journalistes sont logés à l'hôtel Méridien aux fraix de l'Etat français. Pour la nourriture ? Idem. Gardez bien vos factures de resto, les gars ! Et vos tickets de blanchisserie également ! Et ce sera comme ça pour tout au long de la tournée.
C'est formidable : les français vont pouvoir suivre la dans les journaux, à la radio ou à la télé, la tournée d'évangélisation de leur leader si charismatique , et obtenir une information tout en courbettes et en cirage de pompes présidentielles, payée avec leurs impôts. Vive la presse libre !
Bien sûr, il y a Afrique et Afrique. Il ne faut pas confondre le Sénégal exportateur d'immigrés et la Lybie, bien connu pour l'humanisme de son dirigeant depuis 40 ans, auquel notre président a décidé d'offrir sa femme et nos technologies nucléaires. Le boucher de Tripoli devenu un partenaire commercial des plus respectables : l'inventivité agitée de notre super-président semble ne pas avoir de limite. Courage, plus que quatre ans et dix mois.
source : rue89.com
Notre président n'a pas fait autre chose à Dakar, se ridiculisant et provoquant la colère de tous les commentateurs sénégalais, humiliés par le discours d'un donneur de leçon qui ne connaît pas son sujet.
Mais sans doute l'essentiel est-il ailleurs. Cette affaire aura le mérite de faire parler du président français, encore et toujours. Sa stratégie d'omniprésence dans les médias s'accomode fort bien de ce genre de considérations. Justement, parlons un peu des médias. Pour s'assurer que sa tournée africaine serait correctement couverte par nos si indépendants journalistes que le monde entier nous envie, la présidence française va tout simplement prendre en charge l'ensemble des dépenses de nos Tintin reporters bleu-blanc-rouge. Pour trouver cette info, inutile de lire la presse française ! Il faut traverser la Méditerrannée et aller la chercher soi-même sur le continent noir : le quotidien sénégalais l'as.sn nous apprend que "Sarkozy a affrété un vol spécial à cent journalistes" pour suivre son périple. A Dakar, les journalistes sont logés à l'hôtel Méridien aux fraix de l'Etat français. Pour la nourriture ? Idem. Gardez bien vos factures de resto, les gars ! Et vos tickets de blanchisserie également ! Et ce sera comme ça pour tout au long de la tournée.
C'est formidable : les français vont pouvoir suivre la dans les journaux, à la radio ou à la télé, la tournée d'évangélisation de leur leader si charismatique , et obtenir une information tout en courbettes et en cirage de pompes présidentielles, payée avec leurs impôts. Vive la presse libre !
Bien sûr, il y a Afrique et Afrique. Il ne faut pas confondre le Sénégal exportateur d'immigrés et la Lybie, bien connu pour l'humanisme de son dirigeant depuis 40 ans, auquel notre président a décidé d'offrir sa femme et nos technologies nucléaires. Le boucher de Tripoli devenu un partenaire commercial des plus respectables : l'inventivité agitée de notre super-président semble ne pas avoir de limite. Courage, plus que quatre ans et dix mois.
source : rue89.com
par Tiger
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ça ne tourne pas rond
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Dans le métro, je sais que le
voyage touche à sa fin. A chaque station, je sens notre chez-nous qui se rapproche. Puis c'est notre rue. Il pleut, et les gouttes passent au travers des filets d'aération de mon sac. Je râle. Je
veux sortir de ce sac. J'en ai vraiment assez. Dans l'ascenseur, je m'agite tellement que mon maître condescend à me laisser sortir et couvrir les derniers mètres sur mes pattes. L'ascenseur
s'ouvre, je me précipite sur le pallier. Mon maître donne les deux tours de clefs dont le bruit m'est si familier, et ça y est, je suis chez moi. Soulagé. Déçu. Triste. Comme un retour de
vacances. Ma maîtresse me manque.
La seule chose que j'y ai
découvert est une balle de tennis de table orange qui semble aussi abandonnée que le reste de l'endroit. Pas une fois je n'ai vu mes maîtres s'adonner à la pratique de ce sport, je suppose donc
que cette balle erre sur le carrelage depuis longtemps, peut-être l'été précédent, au gré des vents qui parviennent à se faufiler entre les collines arborées qui entourent mon lieu de
villégiature.
J'écoute les cigales cesser les unes après les autres leurs stridulations
zézayantes, au fur et à mesure que le soleil s'enfonce derrière les arbres, n'accordant au paysage qu'une lumière de plus en plus déclinante. Je pourrais rester comme ça des heures. D'ailleurs,
c'est ce que je fais, si toutefois le grelot annonciateur ne se fait pas entendre. L'autre soir, emporté dans mes pensées, je n'ai pas entendu le monstre s'approcher. Il avait du s'avancer
chaussé de ses chaussettes de silence et son grelot n'avait pas tinté. Je le vis au dernier moment, qu'un sinistre grondement remontait de sa gorge avant d'éclater en un terrible aboiement.
Réfléchissant à toute vitesse, je me dis qu'une fuite dans la maison entraînerait un saut du monstre à travers la fenêtre, même si cette dernière ne laissait pas assez d'espace pour qu'il puisse
passer. Il risquait de casser quelque chose, un montant de fenêtre ou, se réceptionnant tant bien que mal à l'intérieur, les affaires de mes maîtres rangées tout près. Avant que l'aboiement ait
fini de résonner, j'avais moi-même terminé mon raisonnement et opté pour une fuite sur le côté et une course autour de la terrasse. Le monstre me suivrait, dégageant ainsi l'accès à la fenêtre.
Le temps de faire le tour, le bruit aurait alerté mes maîtres qui jouaient à la pétanque non loin de là. J'aurai le temps de rentrer par la fenêtre et de plonger vers ma niche avant que le
molosse ait eu le temps de comprendre où j'étais passé. Et c'est ce qui arriva. Le monstre se jeta à ma poursuite en beuglant comme un damné dans les flammes de l'enfer, tentant de me suivre tant
bien que mal. Pour donner du piment à la scène, je poussai moi aussi quelques cris suraigus dont je savais qu'ils provoqueraient une attention immédiate chez mes maîtres. Après avoir accompli le
tour de la terrasse, je sautai à travers la fenêtre entrouverte et fonçai dans la niche au-dessus de la douche. Glissant un oeil hors de mon repère, je constatai avec satisfaction que mes maîtres
avaient accouru en criant et que le monstre, dépité, tentait vainement de comprendre par quel prodige je m'étais instantanément volatilisé.
Lors de mes pérégrinations, je redécouvrai avec
délice un coin que j'avais trouvé aux dernières heures de mon précédent séjour. Il s'agit d'une sorte de niche au-dessus de la douche, dans laquelle règne en permanence une température fraîche.
Ayant grandi depuis l'année dernière, je n'avais plus aucune difficulté pour y accéder, et le bond de près de deux mètres ainsi que les quelques pas le long d'une percée dans la cloison ne
me faisaient absolument pas peur. Encombrée d'antiques ustensiles de toilette, cette niche bizarrement placée allait vite devenir mon lieu de repos favori.
Mes maîtres ne faisant pas partie de cette catégorie, j'étais seul dehors, le coeur rempli de témérité. Enfin j'étais l'aventurier authentique, le découvreur de
civilisations, l'ouvreur de chemins vers des mondes inexplorés, j'étais Colomb, j'étais Livingstone, le monde était à moi, au moins jusqu'au grillage de la propriété. Je découvris ainsi des
chemins de terre et de cailloux, j'inventoriais les arbres, je traversai une savane de hautes herbes, rien ne pouvait m'arrêter.
Puis j'entendis des voix. Je m'avançai prudemment pour voir ce qu'il se passait. Je vis le propriétaire des
lieux (celui que ma maîtresse appelle"papa" et qui est le maître du monstre) accueillir deux personnes. Visiblement, "papa" recevait. Je repartis vers la maison tourner autour des jambes de ma
maîtresse. Un peu plus tard, j'entendis tinter le grelot que porte en permanence le monstre autour du cou. Méfiant, je me concentrai sur ce bruit. Soudain, "papa" déboula avec ses invités... et
le monstre ! Celui-ci m'aperçut et se mit à aboyer et à courir dans ma direction. Je fis gonfler ma queue pour tenter de l'impressionner, mais je me rendis compte instantanément de ce que cette
situation avait de ridicule par rapport à la taille du molosse. Je décidai d'appliquer mon plan B et me précipitai vers mon coin-niche. Là, j'étais sûr que le monstre ne pourrait m'atteindre. Mon
maître, qui prenait une douche, fut surpris de me voir sauter et me terrer au fond de ma cachette. Peu importe ce qu'il pensait de la situation, j'étais bien décidé à rester là haut jusqu'à la
complète disparition du monstre.
Au soir de la fête nationale, mes maîtres ont
fait comme tous bons touristes qui se respectent, et aussi comme tous français dignes de ce nom, enfin bref, en un mot comme en cent, inutile de tourner autour du pot, trèves de digressions, bon
ils sont allés voir le feu d'artifice ça y est je l'ai dit. Je vous rassure, ils n'en sont pas (encore ?) à regarder le défilé à la télévision, mais je reste vigilant ! Il ne manquerait plus
qu'il tombent à leur tour dans cette nauséabonde atmosphère néo-gaullienne de bazar qui fait führer actuellement.
Après en avoir soigneusement inspecté les coins et les recoins, les dessous de meubles, du canapé, l'arrière de l'écran de télévision et reniflé attentivement la
niche où sont entreposées les bûches sous la cheminée, j'ai aperçu une fenêtre grand ouvert. Je m'en suis approché et j'ai sauté presque sans hésiter. Arrivé là, je me suis dit que j'avais déjà
fait un grand pas. Il était temps de ne pas trop se précipiter dans l'inconnu extérieur. J'ai donc décidé qu'il était temps de me lancer dans une nouvelle observation minutieuse de ce qui se
passait sous mes yeux. Assailli par tant d'informations, engourdi par la forte chaleur bienfaisante du soleil, je restai peut-être plusieurs heures à organiser ma future expédition. Puis vint le
moment où je me sentis prêt. Le rebord de la fenêtre se prolongeait à droite et à gauche sur le mur extérieur en un chemin de quelques centimètres de large, ce qui est largement suffisant pour
s'y aventurer.
J'optai pour la gauche
et parvenai rapidement à un jardinet de gravier et d'épines de pin séchées. Quelques arbustes assoifés, un ou deux cactus, quelques pots d'herbes aromatiques et un barbecue électrique entouraient
une table de fer et quatre chaises en plastique. A l'autre bout du jardinet descendait un chemin en pente plus ou moins douce vers des horizons trop lointains pour moi. Près du mur de la maison,
quelques marches permettaient d'accéder au chemin principal qui passe devant la maison, et qui est aussi le territoire de jeu du Monstre.
Sa présence est partout, mais nous ne nous sommes pas croisés.
Depuis deux jours, il est contenu dans la partie basse de la maison, côté cuisine, et bénéficie de toute liberté pour entrer et sortir à sa guise. Moi, j'ai l'étage et le salon. il m'est arrivé
de descendre furtivement, mais jamais bien longtemps. Il faut dire que son odeur est très présente en bas, bien plus qu'en haut. Et croyez-moi, l'odeur d'un labrador n'est pas ce que je connais
de plus agréable. Hier soir, la porte de la cuisine, qui fait office de frontière entre nos deux univers, est restée ouverte. Pas fou, je ne suis pas descendu. Lui ne peut pas monter car un gros
fauteuil bloque l'accès à l'escalier. Jusqu'ici, tout va bien.




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