Mercredi 26 septembre 2007

On se demande parfois ce qui pousse les hommes politiques à le devenir. Spontanément, monsieur et madame Toulmonde répondent  : ambition, pouvoir, argent. Si l'on interoge les principaux intéressés, ils s'écriront, la main sur le coeur : aider mon prochain, servir mon pays, participer à la grandeur de la France. Monsieur Toulmonde n'est qu'un vilain jaloux, admiratif à son corps défendant des hommes publics, aigri parce qu'il n'en n'est pas. Car comment douter de la sincérité de ces hommes qui s'engagent corps et âme au service du mieux public, sacrifiant leur propre liberté, leurs loisirs, leur famille (si, si...) pour la nation ? Comment, monsieur Toulmonde ? Vous dîtes qu'il suffit de les observer pour se rendre compte de leurs motivations ? Vous avez un document à nous communiquer ? De quoi s'agit-il ? L'édito d'Hélène Jouan ce matin sur France Inter ? Ça parle du cumul des fonctions des parlementaires... très bien, écoutons-le :




Ah oui, quand même ! Vous aviez donc raison, monsieur Toulmonde ! Tiens, ça me rappelle ces remarques fort pertinentes d'un professeur de droit constitutionnel, Dominique Rousseau, répondant à des internautes au cours d'un "chat" sur le site Libération.fr (merci à l'indispensable Dirtydiel pour le lien) et qui évoque l'efficacité d'un parlement composé de cumulards.

Vous savez quoi, monsieur Toulmonde, on devrait vous écouter plus souvent. Quoique... vous avez voté pour qui aux présidentielles ?


Si vous voulez lire le texte de l'édito d'Hélène Jouan, téléchargez-le en cliquant ici.


par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mardi 25 septembre 2007

Aux autres bouts du monde, loin de la France, pays des droits de l'homme, de la liberté et des Lumières, des humains moins chanceux que les gaulois se battent pour leur dignité, ou simplement pour leur vie. En Birmanie, les militaires au pouvoir ont décidé d'augmenter massivement les prix de l'essence et des transports en commun. Pour prendre la défense d'une population par ailleurs assez opprimée et soumise au joug dictatorial, les moines bouddhistes sont descendus dans les rues. D'abord quelques centaines, puis quelques milliers, c'est aujourd'hui près de 30 000 moines qui continuent à manifester leur colère dans les rues de Rangun, rejoints par 70 000 personnes, malgré les menaces du pouvoir de recourir à la force si les troubles persistent. Des religieux qui prennent l'initiative de la rebellion dans l'espoir d'un dialogue avec les autorités, mais au risque de provoquer la colère des bourreaux qui dirigent le pays, ce n'est pas sous nos latitudes tempérées que cela se verrait.

Sous les cieux catholiques, le combat de l'église est plutôt un exercice de rétro-pédalage, depuis que le fringant Benoît XVI, pape de profession, a publié un motu proprio libéralisant la célébration de la messe en latin, comme au bon vieux temps ! Avec des avancées pareilles, ce n'est pas retour vers le futur, mais le grand bond en avant vers le passé. Et même si la sauce ne semble pas prendre auprès des paroissiens, comme le regrette le Figaro, j'imagine les ensoutanés descendre dans les rues de Paris en scandant "ce n'est qu'un début, continuons le combat", avec en tête cet article du site canadien Cyberpresse qui relate que le rite latin se pratique depuis au moins deux décennies dans plusieurs villes du pays. Quand l'auteur de cet article explique que le code vestimentaire affiché à l'entrée oblige les femmes à être voilées dans l'église (tiens, tiens) et que les genoux doivent être largement couverts par les jupes, on se demande s'il faut pouffer ou larmoyer. Et lorsqu'on interroge l'abbé Boulet (ça ne s'invente pas) sur les valeurs qu'il prône, il répond sans surprise : pas de sexe avant le mariage, homosexualité contre-nature, etc. Pas vraiment pouffant.

Voilà ce qui fait qu'une partie de l'Occident est sur une mauvaise pente : pendant qu'ailleurs, on se bat pour sa liberté et sa dignité au péril de sa vie, ici, les hommes s'abîment dans la régression socio-culturelle. Regardez bien autour de vous, car dans la descente, vous pourriez bien croiser des bonzes qui montent.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Vendredi 21 septembre 2007

Nitrom est en colère. Ça se voit, et c'est tant mieux. C'est un  peu sa faute, il (elle ?) a regardé Nabot-Léon causer dans le poste. Il (elle ?) sait que ça va lui faire mal, que chaque phrase, chaque mot prononcé sera comme un affront à son intelligence, une vrille destructrice, un virus grignoteur de cerveau. Mais rien n'y fait. Alors après, forcément, Nitrom file sur internet pour tenter de se rassurer : ai-je VRAIMENT entendu ce que j'ai entendu ? A-t-il VRAIMENT dit ce qu'il a dit ? Mais Nitrom ne met que quelques secondes pour se rendre à l'évidence, en visionnant, parmi tant d'autres, cette vidéo :





Trop, c'est trop. Hier soir, Nitrom s'est fâché pour de bon. Une grosse colère tout rouge qui s'est déversée sur l'incontournable blog de Dirtydiel. Une colère salutaire. Une colère saine, comme disait... qui déjà ?

Pour profiter vous aussi de la colère de Nitrom, suivez sans tarder ce lien et lisez, puis relisez, puis faîtes passer sa grosse colère.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Jeudi 20 septembre 2007

Depuis le temps qu'on l'attendait, cette fois, la nouvelle est officielle : la chasse aux enfants est ouverte. Un courrier électronique de l'inspection académique du Haut-Rhin à destination des directeurs d'école est sans ambiguité aucune :

Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Avez-vous connaissance de scolarisation d'élèves "sans papier" dans votre établissement ?
Dans l'affirmative, veuillez nous le faire savoir dans la journée par e-mel ou par téléphone au 03 89 21 56 ** ou 03 89 21 56 **. En vous remerciant.
DVS/3

Vous avez bien lu. C'est formidable, car l'administration, dans sa grande et belle diligence, nous dédouane de tout effort : inutile de partir soi-même à la recherche d'enfants sans-papier, les mains des citoyens resteront propres, puisqu'une simple dénonciation suffit. Comme au bon vieux temps.
Cette fois, s'en est fini et bien fini de tous ses #@!&¤ d'immigrés clandestins qui volent les emplois, le pouvoir d'achat et l'honneur national des français. Bon, ils n'égorgent pas encore nos fils et nos compagnes, mais mieux vaut  prévenir que guérir, n'est-ce pas ?

Il fallait s'y attendre, ces gauchistes de dirtecteurs d'école ont mal réagi et ont refusé de se plier à la cause. Et de prévenir la presse, qui a monté l'affaire en Affaire. Face à ces rebuffades, l'Inspection Académique du Haut-Rhin a rapidement envoyé un courrier électronique de contre-ordre en expliquant que cette demande était "sans objet" car parvenue aux directeurs d'école "par erreur". Le ministre de l'éducation a regretté "la maladresse" de l'inspection académique. Finalement, il ne récuse pas le fond du sujet, simplement la méthode. On regrette cette reculade ministérielle, alors que le chef de l'Etat rappelle à qui veut l'entendre qu'il n'y a pas de tabou et que tous les sujets doivent être abordés. Certains se consoleront en estimant qu'il s'agissait là "d'un ballon d'essai", une pierre jetée dans le jardin des médias pour juger de la réaction populaire avant une initiative officielle et décomplexée. Ce serait alors une habile manoeuvre de prudence.

Chers lectrices, chers lecteurs, non, je ne suis pas atteint de sarkomania, vous aurez compris qu'il convient de prendre ce qui précède au deuxième degré. Malheureusement, le rouleau compresseur sarko-médiatique lamine les consciences et ce discours poujado-sarko-nationaliste s'imprègne subtilement dans les consciences avec la complicité (pour le moins passive) de la plupart des médias. Dans les articles de presse qui ont servi de base à cet article, des défenseurs de la cause des sans-papiers et des syndicalistes du monde enseignant évoquent la "base élèves". Qu'est-ce donc ? rien de moins que le fichage des élèves du primaire. Ce fichier est hébergé dans les rectorats, et il est accessible par les maires, les inspecteurs d'académie, les directeurs d'école, depuis n'importe quel poste relié à internet. L'article consacré à ce fichier dans Wikipédia liste quelques points qui font grincer les dents des défenseurs des libertés individuelles :

  • Certains champs à renseigner (comme la date d'entrée en France, la langue et la culture d'origine, les aides spécialisées reçues, les intervenants éventuels, la situation familiale) sont liés à l'immigration ;
  • La base enregistre les difficultés sociales de la famille, les difficultés scolaires, et des informations médicales, psychologiques et psychiatriques ;
  • Certains craignent que la base ne puisse être détournée de son usage premier (gestion des écoles) pour, par exemple, intervenir dans le contrôle des flux migratoires ou utilisée pour repérer l'absentéisme (et supprimer les allocations familiales des fautifs) ;
  • Des syndicalistes de l'Éducation Nationale relèvent que l'anonymat peut être levé en fonction des besoins de l'administration (en cohérence avec la volonté d'accroître le rôle du maire). Selon eux « Base-Élèves n’est pas un outil au service des besoins éducatifs de la jeunesse, c’est l'instrument d’une politique sécuritaire et policière » ;
  • L'inclusion dans une base de données informatisée ne se fait pas dans les contraintes prévues par la loi informatique et libertés : les parents ne sont pas systématiquement prévenus que l'inscription fera l'objet d'un traitement informatique.

Il suffit de lire un peu entre les lignes du site de l'Education Nationale qui présente le projet "base élèves" pour comprendre que l'Etat n'a même plus honte de sa politique. Finalement, le zèle d'un obscur employé de l'inspection académique (aux ordres, ne soyons pas naïfs !) n'est qu'une petite verrue maladroite dans le processus engagé de mise au pas de la société. Chaque jour, quelques morceaux de libertés, quelques morceaux d'acquis sociaux sont grignotés par quelques bestioles affamées dans une indifférence quasi-générale. Chaque jour, on vole à chacun un peu de monnaie, quelques miettes : c'est plus discret qu'un cambriolage, mais au final, tout aussi rentable. En tentant d'institutionnaliser la dénonciation des enfants, un nouveau vient d'être franchi.

Comme se le demandait l'humoriste Régis Mailhot hier matin sur France Inter, après la délocalisation du ministère de Christine Boutin à Lyon, à quand celle du reste du gouvernement à Vichy ?


Une devinette pour terminer :

En quelle année un petit homme nerveux, acrimonieux, vociférant est-il arrivé légalement au pouvoir avant de mener une politique brutale qui a conduit au pire ?
☐   1933
☐   2007
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mercredi 19 septembre 2007

Il y a quelques jours, je vous présentais l'initiative de l'association du Rassemblement  pour la démocratie à la télévision, qui souhaite instaurer une journée nationale sans Nicolas Sarkozy dans les médias. J'invitais les bonnes volontés à propager l'opération pour mieux la faire connaître. J'appelais les graphistes à l'aide pour créer un logo à apposer sur les blogs. Dirtydiel, rédactrice du très joli et très indispensable blog abordo, a créé un "bouton" renvoyant vers l'article de présentation de cette journée et se propose de l'envoyer à tous ceux qui lui en feront la demande. Elle peut même en modifier les couleurs pour qu'il s'intègre parfaitement au design de votre site. Pour la contacter, rendez-vous sans plus attendre ici. Et prenez donc quelques minutes pour admirer son superbe blog.
N'oubliez pas de venir ensuite, quand le bouton sera installé sur votre blog, de venir le signaler dans les commentaires, ici même ;-)
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Lundi 17 septembre 2007

Chers lectrices, chers lecteurs, l'article que vous êtes en train de lire  est  tout à fait exceptionnel : c'est le centième que je publie sur ce blog né le 24 mai dernier. Vous ne me croyez pas ? Regardez donc l'image suivante qui présente la console de saisie de texte sur le site de l'hébergeur : la flèche rouge indique 99 articles publiés, et vous pouvez voir le début du présent article en cours de rédaction.





En relisant la liste des articles précédents, je me rends compte que dernièrement, je vous ai un peu négligé : plus de photo de moi, pas d'article sur ma vie privée depuis bien longtemps, alors que je sais que vous en raffolez... Pour ma défense, j'arguerai de l'actualité politique qui, chaque jour, me donne matière à réfléchir sur la profondeur de l'âme humaine et sur cette drôle de société soit-disant moderne que vous avez créée. Du plus profond de mon être animal, je suis convaincu que les profondes différences qui nous séparent ne suffisent pas à expliquer l'intuition de l'incommensurable imbécilité de certains d'entre vous, notamment chez ceux qui vous dirigent : cupidité, arrivisme, fourberie, mesquinerie... La société des humains est sans doute ce que la Terre a porté de pire. Alors oui, je m'énerve, je dénonce,  je me moque... je me sens impuisssant. Parfois, je  désespère. Alors je me trouve un petit coin en hauteur,  je pousse un grand soupir, et je m'endors en rêvant à des jours meilleurs.



Je tiens à vous préciser que cette photo est la préférée de ma maîtresse. Si un jour elle s'aperçoit que je vous l'ai montrée, elle sera peut-être fâchée... Mais vous m'êtes précieux et je tenais à vous faire ce cadeau pour vous remercier de m'avoir suivi jusqu'à aujourd'hui.

Bon, cent articles c'est bien, mais je serais bien indigne de m'en satisfaire. Pour améliorer le contenu de ce blog, j'aimerai savoir ce que vous en attendez, comment vous jugez l'actuel contenu, ce que vous regrettez de ne pas y trouver. Donnez-moi vos idées, vos envies. J'ai besoin de vous, car pour aller jusqu'au deux-centième article, ensemble, tout devient possible ! Oups, mais que m'arrive-t-il ?!

J'attends vos missives.
par Tiger publié dans : la vie du blog
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Vendredi 14 septembre 2007

Jacques Martin (celui de la télé, pas celui des BD) est mort . Dans les jours qui viennent, nous allons être saturés de nécrologies élogieuses à coups d'images d'archives déso(pi)lantes. Desproges, Prévost, Collaro... tous les impertinents du milieu des années 70 seront cités. De cette joyeuse bande, la plupart sont devenus vieux, dépassés ou morts. Il n'empêche : qui aujourd'hui peut se prévaloir de l'insolence dont ils firent preuve en des temps où il n'était pas aussi facile de l'ouvrir ?
En tant que chat de fort mauvais esprit, je retiendrai surtout l'anecdote Cécilia. Quoi ? Vous n'êtes pas au courant ? Cecilia María Sara Isabel Ciganer Albeniz et jacques Ducerf (dit Jacques Martin) se marièrent le 10 août 1984 à la mairie de Neuilly-sur-Seine. Le mariage fut célébré par le jeune maire Nicolas Sarkozy. Ce denier, déjà envieux de tout et de tous, bien que lui-même marié depuis deux ans, s'enticha sur-le-champ de la reine du jour et se jura qu'un jour, elle serait à lui. En attendant, Jacques martin assurait sa descendance : deux filles naquirent de ce mariage (Jacques Martin sera père huit fois en tout, de quatre femmes différentes). Alors que la petite dernière n'avait que six mois, Cécilia, subjuguée (?) par l'entreprenant maire de Neuilly, quitta Jacques en emmenant ses filles. Après avoir obtenu le divorce en 1989, puis avoir attendu que son promis divorce lui aussi, Cécilia devint officiellement Madame Sarkozy en 1996.

La petite histoire devient bien plus truculente que la grande quand on lit le témoignage suivant sur le site rue89.com (dans le premier commentaire de l'article) :

"Jacques Martin a cassé la figure de Sarkozy, alors jeune et fringuant maire de neuilly ,à l'école maternelle où allaient leurs enfants respectifs , par un petit matin d'hiver , sous les regards effarés des autres parents . Je le sais, j'y étais ! Mal réveillée après une nuit de fête, j'emmenais péniblement mon fils à l'école et là, j'ai cru rêver , Jacques Martin était très connu à l'époque -hiver 89/90 je crois- c'était surréaliste de les voir se battre, dans l'entrée de l'école, comme des pauvres types. Inutile de préciser que les amours céciliennes ont été l'objet de tous les commérages gourmands dans le quartier pendant un bail !"

Maigre réconfort pour la perte de ce grand Jacques, mais il n'aura pas vécu pour rien.


 

par Tiger publié dans : boîte à images
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Mercredi 12 septembre 2007

Dans quel pays un chef de l'Etat peut-il aujourd'hui mettre en place une politique de rafle organisée, chiffrée, sans que cela n'émeuve personne ou presque ? Dans quel pays ce chef de l'Etat, mécontent des faibles résultats ("je veux des chiffres !") pique-t-il une grosse colère à l"endroit de son ministre chargé des rafles et enjoint ce dernier de convoquer les préfets pour leur rappeler leur "devoir" ? Dans quel pays, chaque jour, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des enfants sont-ils arrêtés manu militari par une police zélée, parqués dans des centres insalubres et fourrés de force dans des avions pour être expulsés ?

Un indice : dans ce pays, considéré partout dans le monde comme le berceau des droits de l'Homme, on peut lire au fronton des mairies et des écoles (devant lesquelles sont parfois raflés des enfants) les mots "Liberté, Egalité, Fraternité". Ce pays, c'est la France. Honte. Honte. HONTE.


La liste des victimes est consultable sur le site du réseau Educations sans Frontières
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Mardi 11 septembre 2007

En juillet dernier, 64 personnes créaient le Rassemblement  pour la démocratie à la télévision, sous la forme d'une association loi 1901 indépendante de tout parti ou organisation politique. Objectif : réfléchir à la place de la politique dans l'information, aux rapports entre ceux qui possèdent les médias et ceux qui dirigent le pays... Vaste programme !

Le RDT vient de lancer une initiative intéressante de protestation : par l'intermédiaire d'un communiqué, elle demande à l'ensemble des rédactions d'organiser une "journée nationale sans Sarkozy dans les médias". Tous les médias (y compris les blogs) sont invités à opérer un black-out sur tout ce qui touche le président français : "pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! Rien de rien, s'il vous plaît".

La date a été fixée au 30 novembre, soit un an jour pour jour après l'annonce officielle de sa candidature. Personnellement, je participerai à ce non-événement, et je vous encourage, d'une part à faire de même, d'autre part à prévenir un maximum de personnes sur l'existence de cette initiative. Il faut que tout le monde soit au courant et puisse participer, chacun à sa manière. Que le mot "Sarkozy" devienne, ce jour-là, un gros mot qui fait honte à celui qui le prononcera.


[MAJ]

J'ai contacté Daniel Bitoun, sociologue de profession  et président de l'association RDT. Il m'a expliqué qu'il n'existait pas encore de site internet. Je lui ai soumis l'idée un logo à apposer sur les sites et médias participants. Si vous vous sentez l'âme d'un graphiste, n'hésitez pas à lui envoyer vos propositions par mail : rasdemtv(AROBASE)orange.fr.

Vous pouvez aussi télécharger les documents suivants (au format PDF) pour les renvoyer à vos contacts :

L'appel à la journée nationale sans Sarkozy dans les médias

Le manifeste du Rassemblement pour la démocratie à la Télévision
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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Lundi 10 septembre 2007

Pardon pour ce titre de peu de goût qui n'en est pas moins aussi imagé que chargé de sens. Car voilà une expression que l'on entend depuis longtemps, comme une promesse ou une menace (c'est selon...). L'élection présidentielle avait remis l'augure au goût du jour, d'aucuns prédisant une rentrée digne des grands mouvements sociaux de 1995. Or, plus de cent jours après, force est de constater que l'agitation médiatico-populiste de Nabot-Léon a jusqu'ici préservé les dorures républicaines de la vindicte d'un peuple encore sous le charme des Ray-Ban présidentielles, et quelque peu démoralisé par un été pourri.

Vendredi 7 septembre, suite à une information publiée par le quotidien La Tribune, le gouvernement jurait sur le drapeau que le sujet des retraites ne serait pas à l'ordre du jour avant 2008. Cette non-information était confirmée par l'Elysée au Nouvel Observateur. "ces rumeurs sont stupéfiantes !" s'est même écrié un "proche du dossier". L'information était pourtant exacte.
Démasqués, les stratèges de l'Elysée, se souvenant soudain que les grêves de 1995 avaient été déclenchées (déjà) par une tentative de réforme des régimes de retraite sans concertation (par un certain Alain Juppé, précisent les historiens) opèrent un changement de cap formidable : un conseiller du palais est dépêché à Matignon pour  souffler la bonne parole à l'oreille du premier ministre (qui n'a plus grand chose de premier). Ce dernier, le petit doigt sur la couture de sa lettre de mission, s'attache aussitôt à colporter la grande nouvelle : la réforme des retraites est bouclée, j'attends l'ordre du président de la république, déclare-t-il en substance. Sur Canal Plus, il précise "Quand le président choisira de déclencher cette réforme, on entamera immédiatement les négociations avec les partenaires sociaux", précisant aussitôt que la dite réforme pourrait "être réalisée dans les prochains mois", soit par une loi, soit par un décret.

Voilà tout le secret de l'accession au trône élyséen résumé dans cette formule : dire tout, dire n'importe quoi,  rajouter son contraire, prendre le ton ferme et décidé d'un filou professionnel et manipulateur, et ça passe ! Je ne résiste pas à l'envie de vous citer cet échange relevé dans le livre de yasmina Reza (que je n'ai pas encore fini, oui, je sais, je prend mon temps, mais que voulez-vous, il est assez pénible à lire...) :
Nicolas : (répétant une phrase de son discours de Bercy :) Entre Jules Ferry et 68, ils ont choisi 68... Bon, c'est limite mauvaise foi...
Y. :           Je suis contente de te l'entendre dire...
Nicolas :  (il rit) Oui. C'est même terrifiant de mauvaise foi, mais enfin, il faut y aller !
Tout est là. Les hénaurmes mensonges qui passent d'autant mieux qu'ils sont improbables. C'est comme dans l'émission "surprises sur prise" : plus c'est gros, plus c'est crédible.

Pour en revenir à l'annonce de François Fillon, que faut-il en retenir ? Comme promis, le gouvernement va inviter les partenaires sociaux à dialoguer pour résoudre le problème. Mais la loi est déjà prête, il ne manque plus que l'apposition du doigt de dieu pour la faire vivre ! C'est une formidable leçon de démocratie où la négociation ne sert que de cache-misère républicain, et dans laquelle le dialogue se déroule avec le canon sur la tempe. Les détracteurs du petit Nicolas ont souvent évoqué sa "brutalité". On la voit ici à l'oeuvre.

Pourtant, à force de se faire brutaliser, les petites gens pourraient bien regimber. Certes, les syndicats et autres opposants politiques jouent à merveille le rôle de l'indignation qu'ils répètent mezza vocce depuis trop longtemps, mais le gouvernement leur donne enfin l'occasion qu'ils attendaient depuis le 6 mai dernier : un vrai sujet de discorde nationale. Il faut bien dire que jusqu'ici, on les a fort peu entendu sur les événements de l'été : les expulsions de sans-papiers, les textes passés en douce au coeur du mois d'août (les franchises médicales), les vacances présidentielles payées par des capitaines d'industrie, etc. Avec les retraites, les syndicats et les partis de gauche tiennent un vrai sujet de combat dans lequel ils ne risquent pas (ou moins) de perdre du crédit. Rajoutez que les français viennent de recevoir leur feuille d'impôt... on comprend que tous les éléments sont réunis pour l'organisation d'un beau combat.
Ainsi, la stratégie de l'opposition est claire : le gouvernement montre ses muscles, les syndicats montrent les dents. Ce matin sur Fance Inter, François Chérèque, patron de la CFDT, a pronncé les mots "conflit majeur", Jean-Claude mailly, de Force Ouvrière, déclare qu' "il faut s'attendre à des réactions". Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, estime qu'il est nécessaire de "répondre présent, dans la rue, dans les mobilisations" face à ce qu'il considère comme une "déclaration de guerre". Quant à François Hollande, il s'est déclaré attentif à la question. Houlala, attention, branle-bas de combat au PS, ça bouge encore !

Le moment de l'affrontement est peut-être arrivé. Les combattants en sont encore aux tentatives d'intimidation, faisant démonstration de leurs muscles (surtout la langue pour l'instant...), mais avec un tel sujet, la température pourrait rapidement monter de plusieurs degrés et une petite étincelle embraser la poudrière sociale.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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