Alors que je surfais non-chat-lamment, je suis tombé sur
cet article fort instructif, paru sur le site de
l'Association des Maires de France. Il rapporte les propos de la très sociale Christine Boutin qui, à peine assise dans l'ex-fauteuil de Jean-Louis Borloo, a déclaré sans rire : «
Ma priorité
sera de faire en sorte que la loi sur le droit au logement opposable devienne effective». Un ministre dont l'ambition est d'essayer de faire appliquer la loi, ça c'est de la rupture ! Puis,
emportée dans un de ces élans de générosité dont elle a le secret, elle a rajouté «
Il faut que dans un pays comme la France, qui que vous soyez, vous soyez assuré d'avoir un logement».
C'est beau comme un discours de présidentiable.
SAUF QUE : elle a ajouté, juste après : «
Tout en poursuivant la politique actuelle, j'essaierai de lui donner une dimension encore plus sociale et transversale en me souciant des plus
fragiles». Oui, vous avez bien lu : «
tout en poursuivant la politique actuelle». Patatras, dans le même souffle, la nouvelle madonne des sans-logement-fixe rompt avec la
rupture.
A propos de resect de la loi et de logement, ayons une pensée émue pour celle que nos candidats finalistes ont eu la délicatesse de ne pas trop évoquer pendant la campagne, j'ai nommée la
loi SRU. Il s'agit de cette fameuse loi qui oblige les communes de plus de 3500 habitants à proposer vingt pour cent de
logements sociaux. Là, vous vous dîtes que je vais taper sur
Nabot-Léon. Détrompez-vous, je vais le défendre. Ce gars-là a été maire
de sa ville pendant dix-neuf ans, puis adjoint, et il y habite encore. C'est dire s'il connaît les coins et les recoins de sa commune. Alors, quand il se défend de ne pas pouvoir appliquer cette
scélérate loi votée par un gouvernement de gauche, c'est pour expliquer tranquillement, la main droite sur le coeur et la gauche écrasant une pudique larme, qu'il n'est pas possible de construire
des logements sociaux à Neuilly sur Seine car il n'y a plus de place. Comment ne pas le croire ? Même avec la meilleure volonté du monde, pas moyen de pousser les limites de la commune, c'est
sûr. On ne va quand même pas couper les arbres du bois de Boulogne !
SAUF QUE : voici une photo que j'ai prise hier matin. Je vous laisse en tirer les conclusions.
Un collectif de maires d'Ile de France (sûrement des communistes !) voit les choses autrement : ces édiles traitent leurs collègues
hors-la-loi de menteurs, évoquent des lobbies et n'hésitent pas à publier
la liste complète des communes d'Ile de France qui ne respectent pas
la loi.
Madame la Ministre du Logement et de la Ville et ses collègues n'ont pas fini de nous faire rire (jaune)...