Ces clowns-là ne sont pas drôles. En cette année d'élections particulièrement (dé)structurante pour l'avenir du pays, la rupture est déjà consommée : on nous l'a dit et répété, finie la France de
la tête de veau, voici la France des vacances en yacht et des joggings-qui-font-jeun's en tee-shirt de la police de New-York. A l'approche des élections législatives, les troupes d'élite de notre
Georges Bouche à nous prennent position. Aujourd'hui :
Jean-Louis Bruguière.
On ne présente plus le juge anti-terroriste Jean-louis Bruguière. Ou plus précisément, le peut-être futur ex-juge, car Jean-Louis Bruguière a décidé de se présenter aux prochaines élections
législatives dans le Lot et Garonne, sa terre d'origine, sous l'étiquette UMP. Fatigué sans doute des gardes du corps et de la voiture blindée (pas très discrets pour serrer les mains sur un
marché), il aspire visiblement à un retour au calme. Jusqu'ici, pas de quoi prendre la plume pour écrire un article. Cependant, il suffit de regarder la liste de ses adversaires pour comprendre
que la situation est assez rocambolesque à Villeneuve sur Lot. Face à lui en effet se présentent un ex-UMP dissident, Pierre Girard-Hautbout et son suppléant, un certain Philippe Brett.
Retour en arrière : en août 2004, les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot sont enlevés en Irak. En septembre de la même année, le député UMP Didier Julia, proche du régime de
Saddam Hussein, monte une expédition qui tente de faire libérer les otages. Dans l'équipe se trouve un ancien garde du corps de Bruno Gollnish (cadre du front national). Son nom : Philippe Brett,
le suppléant du candidat dissident. Girard-Hautbout et Brett sont aussi les fondateurs de l'OFDIC, un lobby pro Saddam Hussein. L'opération va finir en eau de boudin et la justice va mettre son
nez là-dedans. Un certain Jean-Louis Bruguière, juge de son état, met Philippe Brett en examen et lui interdit de communiquer avec Pierre Girard-Hautbout. Depuis, l'affaire suit son cours.
Résumé de la situation : deux proto-barbouzards d'opérette qui ne peuvent pas communiquer entre eux, et dont celui qui fait l'adjoint a été mis en examen, se présentent à la députation contre le
juge qui est à l'origine de leurs déboires judiciaires.
Quant à Jean-Louis Bruguière, son plus haut fait d'arme restera sans doute d'avoir été élu
premier fumeur de pipe de France en 2005.
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