Ces clowns-là ne sont pas drôles. En cette année d'élections particulièrement (dé)structurante pour l'avenir du pays, la rupture est déjà consommée : on nous l'a dit et répété, finie la France de
la tête de veau, voici la France des vacances en yacht et des joggings-qui-font-jeun's en tee-shirt de la police de New-York. A l'approche des élections législatives, les troupes d'élite de notre
Georges Bouche à nous prennent position. Aujourd'hui : Joëlle Ceccaldi-Raynaud
Un peu d'histoire pour commencer :
Après un début de carrière mouvementé en Algérie, Charles Ceccaldi-Raynaud débarque à Bondy, en banlieu parisienne, dans les années 60. Il est élu conseiller municipal socialiste en 1965. En
1969, le maire, Georges Dardel, lui cède son fauteuil. L'année suivante, Dardel est rétabli et souhaite récupérer son siège : refus de Ceccaldi-Raynaud.
En 1971, Ceccaldi-Raynaud n'obtient pas l'investiture socialiste. Qu'a cela ne tienne ! Soutenu par le maire de Neuilly Achille Peretti, membre de l'UDR (qui deviendra plus tard le RPR) et l'un
des chefs du SAC (la milice gaullienne co-fondée par Charles Pasqua), il se présente à Puteaux au nom du Mouvement Démocrate socialiste de France. La droite aura l'obligeance de ne pas présenter
de candidat contre lui. Après une campagne violente (un colleur d'affiche de la SFIO sera tué par balle par un soutien de Ceccaldi), Charles Ceccaldi-Raynaud gagne l'élection.
Saut dans le temps : en 1993, Charles Ceccaldi-Raynaud (oui, oui, sa fille, je sais, on y vient...) est élu comme suppléant de Sarkozy à l'assemblée nationale. Sarkozy devient ministre, Charles
Ceccaldi-Raynaud devient député. En 1995, Sarkozy n'est plus ministre, mais Ceccaldi traîne à lui rendre son poste (encore ?!). Il n'y consent qu'en échange d'un poste de sénateur.
En avril 2004, Charles Ceccaldi-Raynaud, malade, démissionne de son fauteuil de maire de Puteaux. Sa fille Joëlle (ah, enfin !) est élue maire à sa place. En septembre de l'année suivante, le
papa est rétabli. Il réclame son siège à sa fille : celle-ci refuse : bon sang ne saurait mentir ! Une énorme guerre débute entre le père et la fille, à coup d'insultes dans la presse et devant
les tribunaux. Un seul exemple, cette jolie pharse trouvée sur le blog de papa : "Elle n’assume pas. Elle ment. Ce n’est pas nouveau. Elle ne ment que depuis qu’elle parle". Plutôt que
de vous narrer tout cela par le menu, ce qui, bien que fort drôle et absolument lamentable, nous prendrait des pages et des pages, je vous invite à suivre cette saga familiale sur le site d'un
putéolien (habitant de Puteaux) qui a entrepris de faire sur son blog la chronique au jour le jour de cette guerre. Ah oui : papa est
encore adjoint à sa maire de fille. Ambiance.
Les Ceccaldi-Raynaud ont mis en place à Puteaux un système clientéliste que le papa revendique dans la
presse, tout en laissant entendre qu'il pourrait bien se présenter contre sa fille aux municipales de 2008.
Cependant, les agissements de Joëlle Ceccaldi-Raynaud valent ceux de son père. Comme papa, elle a été suppléante de Sarkozy à l'Assemblée Nationale. Comme papa, elle est devenue députée (en 2002)
quand Sarkozy a été à nouveau ministre, puis, comme papa, elle a du lui rendre son siège (en 2005) quand il ne l'a plus été. Donc, comme papa, elle a monnayé son départ, sous la forme d'un siège
au Conseil Economique et Social. L'histoire est racontée dans la deuxième partie de cet article, qui raconte d'abord une autre
frasque de la famille Ceccaldi : un scandale au commissariat de Puteaux avec insultes des policiers et menace d'intervention du ministre de l'intérieur Sarkozy parce que le petit dernier de la
famille s'est pris un PV. Savoureux.
Le système Ceccaldi, c'est aussi le musellement systématique de toute opposition. Regardez comment font papa et sa fille :
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