Lundi 18 juin 2007

C'est comme à l'école des fans : tout le monde a gagné ! La droite a conservé la majorité absolue, c'était prévu, couru d'avance. Mais c'est un peu comme aux présidentielles, la gauche n'a pas tout perdu, loin de là :  elle avait 149 sièges, elle en aura  certainement plus de 200. Le Parti communiste, qui détenait 21 sièges, ne devrait perdre que deux sièges et, par le jeu des alliances, conserver son groupe parlementaire. Quant à la droite, elle avait 359 députés, elle en aura entre 320 et 350. Les "sondages" avaient annoncé jusqu'à 500 sièges pour la droite et l'UMP avait mis la frontière entre l'échec et la réussite à 400. Finalement, la seule vague bleue de cette soirée électorale aura eu lieu grâce aux petits cubes colorés qui flottent dans les toilettes de l'Assemblée Nationale. Il faut dire que l'évocation de la TVA sociale a été une bénédiction pour la gauche. L'augmentation du SMIC réduite à la portion légale, sans aucun bonus, en a été une autre. Seul Chirac aurait pu faire pire mieux, comme une dissolution par exemple...

Les électeurs ont eu le réflexe de tirer certaines chasses pour évacuer quelques indigestions politiques, même si d'autres sont trop grosses pour passer dans les tuyaux. On relève ainsi que Christian Vanneste, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, Hervé Morin ou Patrick Balkany siègent encore à l'Assemblée cematin. Mais Jean-Louis Bruguière a raté son parachutage dans le Lot-et-Garonne. Sylvie Noachovitch n'a pas battu Dominique Strauss-Kahn à Sarcelles. Alain Carignon a perdu à Grenoble. L'avocat  Arno Klarsfeld, inscrit aux barreaux de paris, de New-York et de Californie, qui s'était présenté dans le 12e arrondissement de Paris qu'il connaissait "pour l'avoir traversé lors du dernier marathon", a été renvoyé à ses baskets et à ses rollers.
Autre nouvelle réjouissante : le Front National fait la bulle :-)

Une conséquence importante, peut évoquée jusque-là, concerne l'Europe. On sait que Nabot-Léon souhaite faire voter son mini-machin pour l'Europe par le Parlement, ne voulant pas risquer un échec référendaire, à l'image de son prédécesseur. Las, la révision constitutionnelle nécessaire doit avoir l'assentiment de la majorité qualifiée, c'est-à-dire des 3/5 du Parlement. Or, avec les résultats qui se profilent, il faudra compter avec les voix de la gauche. Certes, de nombreux parlementaires socialistes étaient déjà favorables au projet de constitution, mais penser que ce grand projet présidentiel ne pourra pas passer sans la voix de l'opposition, voilà qui est réjouissant.

Mais le clou de la soirée c'est ça (tendez bien l'oreille) :





En 1 minute et 40 secondes, dans les salons dorés de la mairie de Bordeaux, sous les hourra de ses opposants, Alain Juppé a soldé soixante ans de totale mainmise de la droite à Bordeaux. Pour les bordelais, c'est historique, pour la France, ça l'est aussi : le "meilleur d'entre nous", comme disait Chirac va partir "droit dans ses bottes" à la retraite. On ne saurait trop lui conseiller l'Ile de Ré. Il aura tout le temps d'y repenser à sa carrière et à sa condamnation judiciaire qui lui valut un an d'inégibilité dans une affaire pour laquelle un homme, qui redevient aujourd'hui même, après douze ans d'impunité, un citoyen comme les autres, pourrait bien avoir sous peu à répondre à quelques questions de juges d'instruction.
par Tiger publié dans : ça ne tourne pas rond
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