Quand on voit le travail universitaire qui vient d'être publié par l'économiste
Camille Landais, on comprend mieux pourquoi le gouvernement veut
réformer l'Université ! Ce monsieur vient tout simplement de démontrer scientifiquement, chiffres à l'appui, que la France n'est pas le pays des Bisounours... S'il y fait bon vivre, certes, c'est
surtout quand on est riche. Voire très riche. Parce que, en France comme la plupart des autres pays, plus on est riche, plus on s'enrichit ! Par contre, plus on est pauvre, plus on s'appauvrit !
Toute la beauté des vérités scientifiques tient dans la réversibilité des formules.
Entre 1998 et 2005 :
- le revenu moyen par foyer, tous niveaux confondus, a progressé de 5,9%
- Pour les 350 000 foyers les plus riches, la hausse est de 19%
- Pour les 35 000 foyers les plus riches, la hausse est de 32%
- Pour les 3 500 foyers les plus riches (les riches parmi les riches), la hausse est de 42,6%
Jusque là, l'INSEE ne mesurait que l'écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus proches. Et en concluait que depuis les années 70, cet écart va en diminuant, sauf depuis les années
2000 où la réduction de l'écart est de moins en moins sensible. Bref, les inégalités de revenus semblaient diminuer. un beau trompe-l'oeil.
L'étude minutieuse de Camille Landais montre que les riches s'enrichissent plus vite que les autres, et plus on est riche, plus l'accroissement de la richesse est important. L'économiste analyse
aussi que la politique salariale menée en France se rapproche de plus en plus du modèle anglo-saxon, ce qui n'annonce pas forcément de lendemains glorieux pour les français d'en bas. Logiquement,
les mesures fiscales de
Nabot-Léon, qui ne fait partie des moins privilégiés, devraient encore accentuer cette tendance puisque les
plus riches d'entre nous vont payer beaucoup moins d'impôt sur la fortune que jusqu'alors.
Par contre, la
future TVA qui n'a rien de social, devrait, elle, bien "profiter" à tout le monde, surtout aux plus modestes,
qui laissent dans la consommation l'essentiel de leurs revenus.
source :
Libération