Suite à mon courrier à Patrick de Carolis concernant la suppression de l'émission de France 5
Arrêt sur Images, j'ai reçu une réponse. Bon d'accord, ce n'est pas le PDG de France
Télévision qui a pris la plume, mais un certain Bastien Millot, directeur délégué du groupe auprès du président. En fait, une lettre type sans saveur ni odeur, très politiquement correcte
et qui m'a très vite énervé, allez savoir pourquoi. Je vous propose de lire cette lettre, et la réponse que je n'ai pas manqué d'envoyer à cet individu.
Le courrier de France Télévision
Cher téléspectateur,
Vous avez écrit à Patrick de Carolis, Président de France Télévisions, pour exprimer votre déception après l'annonce de la suppression de l'émission « Arrêt sur Images ».
Nous vous remercions d'avoir pris le temps de nous écrire pour nous faire part de votre réaction et nous souhaitons vous apporter quelques précisions.
L'émission « Arrêt sur Images » a été créée en 1995 et sa formule a peu changé depuis cette date. L'érosion de son audience a mis en évidence la nécessité de faire évoluer ce programme afin
qu'il puisse prendre en compte les changements survenus dans le monde de la communication et des médias.
La direction des programmes de France 5 a jugé que le moment était venu de procéder à cette évolution, et n'a donc pas reconduit l'émission de Daniel Schneidermann.
Nous connaissons l'attachement d'un grand nombre de nos téléspectateurs au principe d'une émission de décryptage de l'actualité et de sa couverture médiatique. Nous sommes sensibles, à ce
titre, au témoignage que vous avez bien voulu nous apporter.
Soucieuse de répondre à vos attentes, la chaîne proposera, à la rentrée prochaine, une nouvelle émission en direct, proposant des commentaires et décryptages de l'actualité de la semaine par
des grands noms de la télévision, de la radio et de la presse écrite.
Nous espérons avoir répondu à vos interrogations et vous souhaitons d'agréables moments en compagnie de nos programmes
Bastien Millot
Directeur délégué auprès du Président
La réponse de Tiger le Chat
Monsieur,
la moindre des règles de sécurité sur Internet est, quand on écrit un mail à un ensemble de personnes qui ne se connaissent pas, de mettre les destinataires en copie cachée afin de préserver
leur anonymat et leurs adresses mail pour éviter les spams. A cause de votre courrier, vous avez lâché 62 adresses dans la nature, c'est inadmissible. Si France Télévisions recherche des
informaticiens compétents, n'hésitez pas à me contacter, mon maître pourrait être intéressé.
Sur le fond, mon courrier avait largement anticipé vos "arguments", notamment celui de la nouvelle émission. De la poudre aux yeux, du vent comme on prend l'habitude d'en entendre, d'en voir et
d'en lire depuis trop longtemps. Votre lettre type est malheureusement la confirmation de ce que les personnes qui vous ont écrit regrettent, dénoncent ou déplorent. : la reprise en main des
médias par les politiques :
les 62 savent-ils que vous avez commencé votre carrière comme directeur adjoint du cabinet de Jean-François Copé ? Que vous avez occupé le logement personnel de ce dernier lorsqu'il a bénéficié
d'un logement de fonction ? Que vous avez été condamné fin 2004, alors que vous étiez adjoint au maire de Beauvais, à une amende de plus de 30 000 euros pour « faux en écriture publique et abus
de fonction » : des heures supplémentaires indues à un chauffeur de la ville ? Les mauvaises langues ont prétendu que la "filière Copé" a été mise en place à France Télévisions pour barrer la
route de Nicolas Sarkozy quand Patrick de Carolis, proche de Bernadette Chirac, a pris la tête de France Télévision. Balayant ces idées, vous avez demandé à être jugé sur vos actes. Vous avez
donc viré de bord et pris le cap du vent qui a tourné pour ne pas vous retrouver le bec dans l'eau pendant les grandes manoeuvres. Craignez-vous vos juges ?
Les plus extrémistes jurent même que vous auriez fait circuler les photos de Cécilia Sarkozy en compagnie de son amant Richard Attias. Mais vous avez démenti.
Je pense qu'à la lecture de ces quelques informations, mes nouveaux 61 amis passeront de la tristesse de voir une émission supprimée à une froide colère ou à un écoeurement général. Quant à
moi, je les encourage à ne pas baisser les bras et à se battre, à leur manière, contre la normalisation programmée des opinions.
Monsieur Millot, je vous souhaite une longue carrière en politique. Vous semblez être doué pour ça.
De mon côté, je range notre échange épistolaire au côté de la lettre que j'avais écrite à Patrick de Carolis, bien en vue sur mon blog.
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