Introduction
Dans les chapitres qui suivent, je vais vous conter mon voyage en Provence. Dix jours de vacances pour mes maîtres, dix jours d'aventures pour moi. Dans la mesure du possible, j'essaierai
d'illustrer mes récits. Ça commence mal, aucune photo n'est prévue pour le premier chapitre.
Préparatifs
Je les ai vu arriver de loin : une agitation anormale, des sacs de voyage qui s'emplissent dans le couloir de l'appartement, et le signe qui ne trompe pas : cet horrible sac vert ajouré
dans lequel ils me fourrent de force à chaque fois qu'ils partent plus d'une journée. Encore une fois, ça n'a pas manqué. Je les entendais s'énerver : t'as pris les chargeurs des téléphones ?
Euh... attends, je revérifie. C'est bon, ils sont là. Et la crème solaire ? Oui, dans ta trousse de toilette, tu me l'as déjà demandé. Je range les billets de train avec ton chéquier dans le sac
orange, tu t'en souviendras ?
Pas de doute, un voyage se préparait.
Au dernier moment, ils se sont mis à ma recherche en minaudant bêtement. J'ai su que l'heure était venue, mais je n'allais pas me laisser attraper sans résistance. J'ai couru me cacher sous un
meuble, mais ma maîtresse a quand même réussi à attacher le collier autour de mon cou. Sachant qu'il était inutile et douloureux de résister à la traction de la laisse, j'ai fait quelques pas en
avant. Elle m'a soulevé de terre et positionné au-dessus du sac vert qui m'attendait grand ouvert, avec ma couverture préférée bien installée au fond. J'ai écarté les pattes pour offrir un
maximum de résistance et je me suis agité dans tous les sens.
Finalement, elle a semblé capitulé. Ils sont ouverts la porte d'entrée et m'ont déposé devant l'ascenseur. Encore une chose que je n'aime pas. Quand la cabine est arrivée, ma maîtresse m'a fourré
dedans, est montée à ma suite et a appuyé sur le bouton. Les portes se sont refermées, laissant à l'étage mon maître empêtré dans les sacs. L'ascenseur a commencé à descendre, et je n'en menais
pas large au bout de ma laisse. Puis la porte s'est ouverte et j'ai bondi dans le hall de l'immeuble. Bien qu'étant déjà passé par là auparavant, j'étais en territoire inconnu. Je savais que
bientôt, il faudrait sortir sur le trottoir, et que je serai submergé de bruits et d'odeurs terrifiants car inconnus. Je crois que j'ai miaulé pour signifier au monde mon profond mécontentement.
Ma maîtresse devait compter sur le sentiment de terreur qui montait en moi, car juste avant qu'elle ouvre la grande porte vitrée qui sert de frontière avec l'extérieur, elle me souleva du sol et
me déposa dans mon sac. Penaud et reconnaissant, je la laissais faire sans presque résister.
lire aussi :
chapitre 1 :
Préparatifs
chapitre 2 :
Le voyage
chapitre 3 :
Accoutumance
chapitre 4 :
Sortir
chapitre 5 :
Tout est à recommencer
chapitre 6 :
La niche du chat
chapitre 7 :
Ma fenêtre préférée
chapitre 8 :
Le blues du voyageur
Voir tous les articles