
Au soir de la fête nationale, mes maîtres ont
fait comme tous bons touristes qui se respectent, et aussi comme tous français dignes de ce nom, enfin bref, en un mot comme en cent, inutile de tourner autour du pot, trèves de digressions, bon
ils sont allés voir le feu d'artifice ça y est je l'ai dit. Je vous rassure, ils n'en sont pas (encore ?) à regarder le défilé à la télévision, mais je reste vigilant ! Il ne manquerait plus
qu'il tombent à leur tour dans cette nauséabonde atmosphère néo-gaullienne de bazar qui fait führer actuellement.
De mon côté, j'ai pris conscience que je passerais sûrement à côté de quelque chose en restant allongé dix jours allongé sous un lit, aussi confortable que puisse être la moquette. J'ai donc
décidé de prendre mon courage à quatre pattes et de m'aventurer plus loin que la deuxième marche qui descend au rez-de-chaussée. Après avoir vérifié que la voie était libre, je suis prudemment
descendu dans la salon de la maison.

Après en avoir soigneusement inspecté les coins et les recoins, les dessous de meubles, du canapé, l'arrière de l'écran de télévision et reniflé attentivement la
niche où sont entreposées les bûches sous la cheminée, j'ai aperçu une fenêtre grand ouvert. Je m'en suis approché et j'ai sauté presque sans hésiter. Arrivé là, je me suis dit que j'avais déjà
fait un grand pas. Il était temps de ne pas trop se précipiter dans l'inconnu extérieur. J'ai donc décidé qu'il était temps de me lancer dans une nouvelle observation minutieuse de ce qui se
passait sous mes yeux. Assailli par tant d'informations, engourdi par la forte chaleur bienfaisante du soleil, je restai peut-être plusieurs heures à organiser ma future expédition. Puis vint le
moment où je me sentis prêt. Le rebord de la fenêtre se prolongeait à droite et à gauche sur le mur extérieur en un chemin de quelques centimètres de large, ce qui est largement suffisant pour
s'y aventurer.

J'optai pour la gauche
et parvenai rapidement à un jardinet de gravier et d'épines de pin séchées. Quelques arbustes assoifés, un ou deux cactus, quelques pots d'herbes aromatiques et un barbecue électrique entouraient
une table de fer et quatre chaises en plastique. A l'autre bout du jardinet descendait un chemin en pente plus ou moins douce vers des horizons trop lointains pour moi. Près du mur de la maison,
quelques marches permettaient d'accéder au chemin principal qui passe devant la maison, et qui est aussi le territoire de jeu du Monstre.
Après avoir attentivement repéré les lieux, je décidai que j'avais mon compte d'aventure pour aujourd'hui. Je tournai les talons et, entreprenant le chemin inverse, je me dirigeai prestement vers
mon dessous de lit pour une toilette et une sieste bien méritée.
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