En ce dernier conseil de ministres avant les vacances, je tiens d'abord à vous remercier de votre action dans les premières semaines de ma présidence. Vous avez à merveille su appliquer
les consignes que je vous avais données en vous nommant : prosélytisme, effacement devant ma personne, citation de mon nom au moins une fois par minute dans vos interventions publiques. Grâce à
vous, mes chaussures sont si brillantes que la grande presse pipole américaine (ma préférée)
vient de me citer
parmi les hommes les plus élégants du monde. Je dois avouer que mon tee-shirt de footing de la police américaine me donne une prestance... hollywoodienne.
Mais revenons à vous. Je tiens à féliciter ceux d'entre vous qui viennent du camp opposé. Comme promis, je ne vous en ai pas trop demandé ces dernières semaines, tout le boulot ayant été
accompli par mes conseillers ou par ma famille. Je vous l'avais promis : votre tâche consiste principalement à embêter vos anciens copains et à vous taire. Merci d'avoir joué le jeu, continuez
ainsi et vous n'aurez pas à le regretter dans les mois qui viennent. Plusieurs de vos anciens camarades pourraient vous rejoindre bientôt.
Quant aux autres, vous avez beaucoup travaillé pour faire appliquer les mesures les plus impopulaires et les plus injustes en plein milieu de l'été, alors que
tous ces veaux
nos administrés bronzent à Plouc-sur-mer. Je ne peux que me réjouir de votre diligence et de votre zèle. Pourtant, vous n'avez encore rien vu : je vous promets une rentrée encore plus active,
ce que nous avons accompli n'était qu'un amuse-bouche par rapport à ce que je vous prépare.
Aussi, je vous souhaite de bien profiter de vos trois semaines de vacances. Prenez un maximum de repos, mangez des féculents et des sucres lents, faîtes le plein de vitamines. Dernière consigne
: je veux pouvoir vous joindre jour et nuit, alors n'oubliez pas vos chargeurs de téléphones portables, n'allez pas au cinéma, ne vous éloignez pas trop au cas où il vous serait nécessaire de
rentrer précipitamment.
Personnellement, je pars aux Etats-Unis à la recherche de nouvelles idées de régressions sociales (rien que d'en parler, ça m'excite). N'essayez pas de me contacter. Si vous avez un message à
me communiquer, allumez une bougie au bord de votre fenêtre, les RG m'en informeront et Cécilia vous rappelera dans l'heure.
Je vous donne rendez-vous sur le perron de l'Elysées dans vingt et un jours exactement à partir de la remise de cette lettre, pour une revue des troupes, une séance de compte-rendus et vous
siginifier vos prochaines missions. Attendez-vous à ne pas être déçus.
Rompez. Remis en main propre le 1er août 2007
Le Président de la République
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