Nabot-Léon n'est pas président, il est publicitaire : il passe son temps à vendre un produit bien particulier , à savoir
lui-même
dans le rôle de président. Tout le monde sait que la publicité ne dit pas la vérité. Dans son cas, c'est pareil. Par exemple, quand, en avril dernier, juste avant le premier tour de la
présidentielle, Nicolas Sarkozy nous vendait ceci (au passage, on notera encore le fantasme du mythe américain) :

La réalité était bien plus prosaïque et les journalistes (déjà) aux ordres :

C'est tout de suite moins glamour, vous ne trouvez pas ?
S'il y a une chose que le publicitaire déteste, c'est bien de ne pas maîtriser ses effets.
On a déjà eu l'occasion de
s'apercevoir que lorsqu'ils ne l'arrangent plus, les journalistes sont l'ennemi numéro 1. de Sarkozy. Une nouvelle preuve que ce type a décidemment quelque chose de "pas net" vient de nous être
donnée lors des vacances présidentielles de notre cowboy d'opérette au pays des chewing-gum. Logiquement, les photographes français ont rejoint leurs confrères américains sur les rives du lac
Winnipesaukee pour tenter de ramener quelques souvenirs du périple présidentiel. Toujours aussi logiquement, c'est l'une de ces périodes où notre
présicitaire (président publicitaire)
n'a pas vraiment besoin d'eux, puisqu'il évolue dans un luxe qui pourrait choquer ses électeurs. Jusqu'à samedi donc, il sert les dents, fait coucou aux objectifs, et fait savoir gentiment aux
photographes que bon, ça y est, ils ont leurs photos, qu'il accepte de répondre à quelques questions au cours d'une conférence de presse, puis qu'ils pourront repartir couvrir d'autres sujets.
Malheureusement, les photographes américains ne sont pas tous aussi dociles que les français (mais que fait George Bush !?) et deux entre eux veulent encore des photos. Ces impétueux la jouent
réglo : avant de partir à la chasse (aux images), ils enregistrent leur embarcation auprès de la police marine et obtiennent l'autorisation de caboter sur le lac.
Alors qu'ils s'approchent du bateau présidentiel, Nicolas fait coucou de la main.

Quand il se rend compte qu'il s'agit de photographes, son sourire disparaît d'un coup. Il pointe vers
eux un doigt menaçant et enjoint son pilote de se rapprocher :

Arrivé à proximité, le président, très remonté, les invective en français. L'un d'eux, Vincent DeWitt,
qui travaille pour l'agence SIPA, raconte la suite à l'AFP : "Je pouvais voir qu'il était furieux. Il a demandé au capitaine de se diriger vers nous, et lorsque son bateau s'est approché il est
monté à bord [...] l a commencé à nous invectiver en français, avec véhémence. À bord du bateau tout le monde restait très calme. À un moment il s'est approché de moi et m'a pris mon appareil
photo, il l'a tenu entre les mains un certain temps. [...] Le président était très agité, s'exprimant très rapidement en français et à fort volume".
Un journaliste québecois
analyse la scène sur son blog : "Du jamais vu, dans le rayon
Président-ou-premier-ministre-en-sérieux-besoin-de-Prozac. Vraiment, je suis sidéré par ce comportement de Nicolas Sarkozy. Voici un gars colérique. Voici un gars qui devrait s’inscrire, pendant
son séjour aux USA, dans ce que les gens de ce pays appellent des cours de « anger management ». Ça presse."
Une tout autre raison pourrait expliquer le pétage de plomb du président français. C'est
rue89.com qui
nous l'apprend : sur le bateau présidentiel se trouvait Rachida Dati, la gardienne des Sceaux. Lors de sa conférence de presse, Sarkozy avait prévenu les journalistes que sur les photos,
ils reconnaîtraient des têtes connues. En y regardant de plus près, ce pourrait être la femme habillée d'un haut blanc que l'on aperçoit à côté du président. Rien de secret, donc. Pourquoi alors,
sur une autre série de photos prise par une autre équipe de photographes dans un autre bateau (clichés non publiés à ce jour) aperçoit-on le plus beau dentier de notre République pas encore tout
à fait bananière se cacher en essayant de s'aplatir au fond du bateau ? Sûrement pour ne pas énerver les autres ministres qui ont été priés de ne pas trop s'éloigner tout en restant
joignables dans l'heure.
Pour ce qui d'être joignable, la ministre de notre justice ne pouvait en tous cas pas faire plus proche.
J'ai un trou de mémoire : comment s'appelle ce gars qui, lors du débat télévisé d'entre les deux tours de l'élection présidentielle, avit donné une leçon de
sang-froid à Ségolène Royal
en lui expliquant qu'on ne pouvait pas présider la France si l'on était en proie à des colères soudaines ?
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