Pendant que
Nabot-Léon décidait de retourner au
TRAVAIL et de quitter quelques jours sa
FAMILLE
pour assister aux obsèques de feu le tôlier de Notre-Dame de Paris sous les caméras de la sainte
PATRIE, sa police continuait à faire du zèle pour atteindre ses objectifs
d'arrestations de clandestins. Dans
Libération, on lit le récit de Natalia, mère du petit Ivan, qui raconte comment, jeudi
dernier, la police a tambouriné près d'un quart d'heure à sa porte, manquant de la défoncer, alors que le garçon terrorisé pleurait, s'accrochait à sa mère, et pendant qu'Andreï, le père,
tentait de s'échapper par la fenêtre de leur appartement du quatrième étage. Quand le bruit d'une perceuse attaquant la porte a retenti, le petit Ivan, terrorisé, a tenté de rejoindre son père.
Quelques instants plus tard, il atterrissait quatre étages plus bas, victime d'un traumatisme crânien et de plusieurs lésions cérébrales. Son pronostic vital est "engagé", a indiqué le procureur
d'Amiens.
La semaine avait mal débuté pour cette famille. Lundi, la mère avait été convoquée au commissariat, où on lui avait remis une autre convocation pour le lendemain, sans plus d'explication. Les
joies d'une administration qui se préparait sans doute à les cueillir le lendemain pour les fourrer dans un avion sans autre forme de procès. Or, la famille devait passer devant le tribunal
administratif en septembre prochain. Sentant venir l'expulsion, ils ne se sont pas présentés à la convocation du mardi. Jeudi matin, au petit jour, la police, sur ordre du procureur d'Amiens,
Patrick Beau, tambourinait donc à la porte de leur appartement.
Où s'arrêtera cette politique de l'État largement inspirée de populisme et "d'identité nationale" (l'expression "préférence nationale" était déjà prise) ? Selon
Michel Tubiana, président d'honneur de la
ligue des droits de l'homme, interrogé par le
Nouvel Observateur, la situation est grave : "
La
situation est [...] pire aujourd'hui [que sous le gouvernement précédent
] car la logique détestable de la répression est accolée à une politique d'identité nationale". Et d'ajouter
"
Nous sommes aujourd'hui dans une situation de xénophobie d'Etat". On ne saurait être plus clair, cependant, il ajoute, pour ceux qui auraient vraiment du mal à comprendre : "
nous
avons un jeune garçon qui est entre la vie et la mort à cause d'une procédure. Il est inévitable que la politique du gouvernement engendre de tels drames". Puis il conclut, pour que cela
soit bien clair : "
Il faut absolument que les autorités prennent une bouffée d'éthique".
Voeu pieux s'il en est. Car pendant que quelques honnêtes gens s'indignent dans le vide intersidéral du mois d'août, où seule la disparition d'un archevêque est capable d'interrompre les vacances
de milliaraire du président de l'encore République Française, la machine à broyer du clandestin continue inexorablement à faire tourner le compteur des résultats. Les petits rouages de
l'administration sont à l'oeuvre pour atteindre les objectifs assignés par Sarkozy à ses préfets.
Libération dresse la
chronique d'une journée ordinaire au tribunal administratif de Paris. Aujourd'hui, vendredi 10 août 2007, "
le tribunal administratif a été particulièrement sévère. Sur les douze recours
étudiés dans la matinée, dix ont donnés lieu à refus". L'article cite Camille, une membre de
RESF (Réseau Education Sans Frontière) qui
donne deux exemples : "
Un papa expulsé avec un bébé de dix jours. Une maman qui doit abandonner sa petite fille rentrant à la maternelle pour rejoindre la frontière...." Caroline, autre
bénévole à RESF, témoigne qu' "
en deux semaines, dans le même quartier à Paris, dans le 10e arrondissement, là où Sarkozy avait son QG de campagne, j'ai été témoin, en tant que simple
passante, de trois arrestations en plein jour".
Ivan, le jeune garçon qui lutte contre la mort à l'hôpital d'Amiens, était scolarisé en 6ème et avait 16/20 de moyenne. S'il survit à sa chute et qu'il est expulsé, s'il survit à son retour en
Tchétchénie, s'il continue à avoir de bonnes notes, il pourra toujours tenter de faire partie des quotas d'immigration choisie pour revenir en France. Un avenir en tant de
si...
Que faudra-t-il qu'il se passe pour que le peuple de ce pays se solidarise enfin pour crier ensemble et bien fort qu'il y en a marre?
Combien de vacances de milliardaire pour Sarko (je croyais qu'il voulait juste prende quelques jours aprés l'élection et avant de se mettre au travail...) combien, et cette liste ne prétend pas être exhaustive, d'affaire clearstream ou d'emploi fictif, de bavure grave ou mortelle, combien de famille et de vie brisée, que ce soit des clandestins, des émeutiers, des manifestants ou des salariés qui se pendent dans leur atelier...?