Aux autres bouts du monde, loin de la France, pays des droits de l'homme, de la liberté et des Lumières, des humains moins chanceux que les gaulois se battent pour leur dignité, ou simplement
pour leur vie. En Birmanie, les militaires au pouvoir ont décidé d'augmenter massivement les prix de l'essence et des transports en commun. Pour prendre la défense d'une population par ailleurs
assez opprimée et soumise au joug dictatorial, les moines bouddhistes sont descendus dans les rues. D'abord quelques centaines, puis quelques milliers, c'est aujourd'hui
près de 30 000 moines qui continuent à manifester leur colère dans les rues de Rangun, rejoints par 70 000 personnes, malgré
les menaces du pouvoir de recourir à la force si les troubles persistent. Des religieux qui prennent l'initiative de la rebellion dans l'
espoir d'un dialogue avec les autorités, mais au risque de provoquer la colère des bourreaux qui dirigent le
pays, ce n'est pas sous nos latitudes tempérées que cela se verrait.
Sous les cieux catholiques, le combat de l'église est plutôt un exercice de rétro-pédalage, depuis que le fringant Benoît XVI, pape de profession, a publié un
motu proprio libéralisant la célébration de la messe en latin, comme au bon vieux temps ! Avec des avancées pareilles, ce n'est pas retour vers le
futur, mais le grand bond en avant vers le passé. Et même si la sauce ne semble pas prendre auprès des paroissiens, comme le
regrette le Figaro, j'imagine les ensoutanés descendre dans les rues de Paris en scandant
"ce n'est qu'un début, continuons le combat", avec en tête
cet article du site canadien
Cyberpresse qui relate que le rite latin se pratique depuis au moins deux décennies dans plusieurs villes du pays. Quand l'auteur de cet article explique que le code vestimentaire affiché à
l'entrée oblige les femmes à être voilées dans l'église (tiens, tiens) et que les genoux doivent être largement couverts par les jupes, on se demande s'il faut pouffer ou larmoyer. Et lorsqu'on
interroge l'abbé Boulet (ça ne s'invente pas) sur les valeurs qu'il prône, il répond sans surprise : pas de sexe avant le mariage, homosexualité contre-nature, etc. Pas vraiment pouffant.
Voilà ce qui fait qu'une partie de l'Occident est sur une mauvaise pente : pendant qu'ailleurs, on se bat pour sa liberté et sa dignité au péril de sa vie, ici, les hommes s'abîment dans la
régression socio-culturelle. Regardez bien autour de vous, car dans la descente, vous pourriez bien croiser des bonzes qui montent.
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